Chasseur d’insecte et renouvellement de l’habitat japonais

1 novembre suite J’ai rencontré un monsieur d’une quarantaine d’années avec son petit garçon armé d’une épuisette et d’une boîte spéciale : il chasse les insectes et soulève des pierres du jardin. Ke père m’explique que la route actuelle du pèlerinage ne correspond plus à l’ancienne route. Il y a 100 ans, elle passait à quelques mètres de là, au milieu de propriétés. Il me montre l’ancien chemin. Je lui demande si je peux passer, il me dit non que c’est encombré d’arbres et de tombes dispersées maintenant, il vaut mieux passer par la route. Je suis surpris qu’il ait eu envie de m’expliquer l’ancien itinéraire qui passe au milieu de propriété privé aujourd’hui. Sa maison borde le sentier du pèlerinage.  Le temple 67 est désormais tout proche, il est bientôt 11 heures. Cela fait plus de trois heures que je suis parti. Après une bonne pause chez mes amis Oonishi et Ugawa je poursuis en direction de la mer.  Je croise plusieurs haltes pour les pèlerins avec boisson en libre service, prise pour recharger son téléphone ou tout simplement une chaise pour s’assoir. Dans un abri de beaux moulages en plâtre avec grues japonaises et tigre accueillent le pèlerin Au temple Daikoji le 67. Lieu paisible avec un très beau jardin. Dans le hondo, temple principal, une cérémonie de commémoration familiale a lieu, visiblement suite à un deuil ou en souvenir d’un disparu. Devant le temple un rassemblement de paires de chaussures... À l’intérieur une vingtaine de personnes vêtues de noir sont assises tandis que le prêtre récite ses sutras et frappe ses instruments à rythme régulier.  Je distingue dans la pénombre plusieurs générations, il y a des personnes âgées, des adultes, des jeunes adultes et des enfants. Des  enfants s’essuient les yeux du revers de la main. Un adulte aussi, je suppose qu’ils pleurent un ou une proche. C’est aussi la vie des temples. Les pèlerins passent. Les habitants du lieu vivent et meurent. Nous sommes dimanche, beaucoup de pèlerins, le chapeau comique de bambou tressé à l’air tout neuf. Ils l’ont acheté spécialement pour l’occasion et sont de sortie le dimanche.  Ce sont des pèlerins occasionnels venus pour la journée. Certains en groupes organises.   Le groupe des pèlerins est parti, il ne reste que cette famille qui pleure un proche et le prêtre qui les aide à accepter ce deuil, à accepter la disparition d’un père d’une mère, d’un grand-père d’une grand-mère, moment douloureux, mais les mots permettent d’exprimer la douleur et de mettre un sens sur la disparition d’une personne, sur son passage sur terre, de donner un sens à la mort et surtout de donner le courage à ceux qui restent de continuer à vivre.  Le métal émet un son lugubre. Le moine frappe le bronze qui résonne encore. trois nouveaux pèlerins sont arrivés. L’activité reprends avec calligraphie, tampon sur les livres des pèlerins. L’assistant du moine a repris ses pinceaux de calligraphie, tandis que le moine vêtu d’or et de violet,  poursuit ses…

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Un train au sommet d’une montagne et un café au coin du feu

Dimanche 1 novembre Nuit dans un ancien wagon lit de la compagnie ferroviaire « Enronoeki »Monsieur Masaki est un étonnant personnage, passionné de chemins de fer, il a sauvegardé deux Wagon-lits de la compagnie nationale qu’il a fait transporter sur une remorque et dans un ferry jusqu’ici. Ce sont les deux derniers wagons-lits de cette époques existants. Tous les autres ont été envoyés à la ferraille. Il les a rénovés et aménagés pour accueillir les pèlerins ou des amateurs de trains. L’endroit est surprenant, c’est vraiment une très belle installation. Il n’est pas très vigilant sur le ménage, c’est un petit peu dommage pour des personnes sensibles sur ce sujet, cela peut être gênant, mais s’il fallait dormir sous la tente au milieu de la montagne on ne se préoccuperait pas d’un peu de poussière. Alors la nuit venue on ferme les yeux et on dehors. Après la journée de marche d’hier dans la forêt, j’étais bien content de dormir à l’abri, même sur une couchette, même s’il faisait frais, à peine une dizaine de degrés dans la chambre. Je me suis couvert de ma veste pour rester chaud sous la fine couverture. Le train de Masaki San Au petit matin il nous a fait la surprise de nous montrer le fonctionnement des annonces passagers dans le  wagon, le tableau d’affichage des destinations qui est un film qui se déroule mécaniquement ( on est loin du tout digital ) et puis l’ouverture des portes. Il nous propose de faire l’annonce au micro. Un Japonais qui est arrivé tard hier soir spécialement pour dormir dans le train a bien préparé son discours, on dirait un vrai conducteur de train japonais. Il énumère la destination, les correspondances, l’heure d’arrivée.  Je me livre à l’exercice en japonais, à peine réveillé, un peu plus laborieusement, mais m’en sors pas trop mal.  Un passionné de train vivant sa passion Je discute ensuite avec Masaki san, il me montre le site Instagram de cet étonnant hôtel. Il m’explique qu’il est aussi cultivateur, il réalise des clonages d’orchidées dans un des chambres du train aménagée avec une lumière rouge. Avec des espèces de flacons où flottent des embryons d’orchidées dans une gelée. Il a un petit côté savant perdu dans son monde, très réservé. Il parle très peu, il faut le soliciter pour qu’il s’exprime. Il nous fait visiter sa serre d’orchidées et m’explique que ces plantes sont mellifères et émettent des odeurs qui attirent les abeilles. C’est un passionné, un poète dans son style.  Au Japon, où tout est conformisme, on trouve des originaux d’une très grande originalité. Il faut une sacrée personnalité pour casser les codes. En dehors des sacs poubelle en attente d’être portés à la déchèterie, il a sûrement peu de moyens, le coût de la nuit est dérisoire. il vit avec un chien shiba inu  qui a l’air assez agressif et six chats dans la solitude des montagnes. Les hivers doivent être difficiles. Le Japonais à repris sa voiture. L’américaine Maria à repris sa…

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Croire à la providence ?

Mercredi 28 octobre  Nuit passée dans le Minshuku Ishizuki Ando tenu par Hisato San un agriculteur. Grande maison traditionnelle avec de nombreuses chambres. Juste au milieu de son exploitation. Minshuku ishizuki Ando Après les 12 heures de marche exténuante d’hier, bain, lessive, préparation de la journée du lendemain et au lit. La nuit est d’un calme absolu. Ce matin les températures ont nettement faibli. L’automne arrive. On sort la polaire. Nous croisons dans la cuisine un néo-zélandais qui part pour l’ascension vers le temple 60 que nous avons faite hier. Randonneur récidiviste il nous parle d’un chemin de randonnée qui m’intéresse : le chemin Lycien en Turquie. Au programme d’aujourd’hui les temples 61 à 64 puis trouver un logement pour les prochains jours et retrouver une amie américaine rencontrée lors de mon premier passage sur le Shikoku en 2024. Nous repassons devant la maison de celui que nous avons appelé hier le fantôme. Il a fait sa lessive et le linge sèche devant sa maison. Un voisin arrive en courant avec une enveloppe, un peu gêné il l’appelle et la lui remet. il n’est donc pas laissé seul. Les voisins prennent soin de lui. Comme hier je l’interpelle, il ne répond pas, il est dans son monde. Nous l’avons vu marcher dans la cour, je photographie ses chats qui se réchauffent sur son tracteur abandonné dans les rayons matinaux du soleil. Ce matin les éclaircies alternent avec périodes d’ombre. Le ciel est à demi dégagé et le Mont Ishizuki où nous étions hier à demi dans la brume. Au Japon, et à Shikoku en particulier, beaucoup de maisons sont abandonnées, les « akiya ». Le toit s’effondre, la végétation envahit tout et à l’intérieur tout reste en l’état, la cuisine avec son mobilier et sa vaisselle. Personne ne rentre ni te prend les affaires. Certains viennent y jeter des détritus. Les causes sont multiples : absence d’enfants, successions compliquées en indivision, difficulté se tu mentale à vider la maison parentale, perte de valeur des maisons anciennes mal isolées que personne ne souhaite reprendre. Effet du vieillissement et de la baisse de la population. Quand les propriétaires décèdent, leurs enfants ne veulent pas toujours récupérer la maison. Nous croisons un vieux monsieur Japonais à Velo, qui veut nous expliquer le chemin et me précise à plusieurs reprises l’itinéraire. J’ai du mal à me défaire de lui. Finalement nous nous saluons et nous partons. Cinq minutes plus tard nous voyons arriver une voiture et ce même monsieur sortir de sa voiture. Il nous propose de nous emmener au tempes 60 61. Nous avons déjà fait deux fois le chemin hier. Difficile de refuser d’éviter de marcher le long de la voie rapide. Il insiste. Nous venons de très loin il veut nous conduire au temple 61. Nous acceptons joyeusement ce conducteur inattendu. Encore l’effet de la providence. Hier nous avons dû revenir sur nos pas, presque jusque notre point de départ avec une journée de 33 kilomètres et quelques ampoules. Il s’appelle Kenji Kondo.…

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Un typhon au temple Senyuji

Lundi 26 octobre  Le vent est fort, le typhon Champi après avoir causé de forts dégâts à Taïwan, longe les côtes du Japon. Il a perdu de sa puissance devient tempête tropicale mais entraîne fortes pluies et vents sur le sud du Japon.  Temple Senyuji à l’aube, passage imminent du typhon Les cloisons vitrées du temple Senyuji où nous avons passé la nuit tremblent.  À 5 h j’observe la pluie À 6h la cérémonie commence. La fumée d’encens s’élève lentement devant la silhouette du moine qui officie devant nous. Vêtu de jaune et de violet avec des socques blanches, il récite ses sutras d’une voix moyenne sous les ors du temple principal le hondo.  Une femme de l’assistance, nous sommes 5, se lève à sa demande et dépose des miettes de bois de santal sur la braise.  Sur la gauche de l’autel, un emplacement est dédié aux offrandes. On y trouve souvent de la nourriture. Ici on voit le grand portrait d’une femme. Depuis hier soir à notre arrivée je m interroge sur ce visage. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit de son épouse décédée.  Au fond une statue du bodhisattva Avalokiteśvara aux mille bras incarne la grande compassion, éclairée par deux grands cierges. À tour de rôle nous sommes invités à déposer un peu d’encens sur le charbon  incandescent.  Après ses rituels le moine nous demande d’où nous venons. Il a installé un globe terrestre à côté de lui. Deux japonaises de Nara une d’Osaka un couple d’Allemand m’accompagnent. Le moine parle longuement de la paix dans le monde qui est mise à mal par les dirigeants actuels, il cite Trump Poutine et Netanyahu, évoque le pèlerinage de Compostel qu’il a fait deux fois, invite les Japonais à le faire… les hommes sont les mêmes partout quelque soit la religions, il appelle à la paix… il y en a besoin. Étonnant personnage que ce moine de 77 ans, souriant, affable, accueillant bien sûr. Il est également agriculteur, sculpteur, maître de karaté. Il regrette de ne pas parler de langue étrangère. Nous parle de sa femme disparu, de ses enfants et petits enfants qui ont appris des langues, anglais et français. C’est sa femme qui a posé pour la sculpture de bronze dans l’escalier du temple. J’avais été surpris par ce nu dans un temple.  La grande salle du bâtiment où nous longeons avec son parquet de bois est aussi une salle de karaté.  D’ici là vue sur la ville d’Imabari est belle lorsque le ciel est dégagé. Ce matin la brume est épaisse sur les hauteurs, à 250 mètres au dessus de la mer. On ne voit rien. Après 7 jours continus de marche et 140 km nous apprécions cette pause forcée.  Flo a trouvé un piano dans la grande salle du shukubo ( hébergement du temple) et une partition des gymnopedies d’Erik Satie. Nous partirons en fin de matinée si le temps se calme un peu. Nous avons le logement du temple pour nous et l’autorisation de rester toute la…

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Une église au milieu des temples/ craquer pour une pizza

Dimanche 25 octobre  Nous croisons nous croisons un père, la quarantaine et son fils d’une dizaine d’année. Ils promènent leurs deux petits chiens, qui viennent renifler nos mains et se laissent caresser. Je demande au père si c’est une journée de repos pour lui, il me dit que non, il travaille, il a un atelier de peinture de voitures. Il promène les chiens avant d’aller travailler et son fils part jouer au basket. Il me demande si nous sommes pèlerins, il nous salue. Cela se console peut être un peu. La fatigue se lit sur son visage malgré sa jeunesse.  Aujourd’hui anniversaire de Matthieu, notre fils aîné a 30 ans. il y a 30 ans, c’était aussi la pleine lune, il donnerait des petits coups de pieds dans le ventre de sa mère, il était pressé de venir au monde. Quelques jours plus tôt nous étions aller écouter un opéra …  Pour éviter d’arriver de nuit après une longue journée de marche comme hier nous sommes partis à 7h30 ce matin. Levé à 6h petit déjeuner et départ. Les sacs sont assez vite faits. Faute de mieux nous avons dormi dans ce que les Japonais appellent un business Hotel. j’avais une certaine réticence à l’idée, mais c’est un endroit absolument accueillant, construit dans les années 80, un peu vieillot,  pas super propre, mais tenu par deux dames absolument adorables, une mère et sa fille d’une gentillesse inouïe. à peine arrivés de nuit avec nos lampes frontales elles sont venues à notre rencontre. Elles s’inquiétaient de notre venue tardive dans la nuit.  Elles ont ensuite réservé pour nous une nuit dans le temple 58 elles se sont occupés de nous avec beaucoup d’attention alors qu’elles étaient en train de servir le repas.  Elles ont également appelé la propriétaire de l’auberge où nous avons dormi la veille pour la rassurer. J’avais oublié 16 000 ¥ en espèces dans la chambre. Cette dernière la fait l’aller retour en voiture pour les apporter au business hôtel. Au programme d’aujourd’hui 5 temples 20 km environ  Après le petit déjeuner copieux nous marchons d’un bon pas et enchaînons les kilomètres.  Traversons des villages de maisons anciennes en parties abandonnées  Une maison dès qu’elle a perdu ses occupants, cela se voit. Le premier signe est la présence de fleurs et d’herbes qui librement exultent dans l’espace laissé libre. Un foisonnement végétal envahit les cours et rapidement couvre les murs jusqu’au toit. Après deux heures de marche le long des rizières et des forêts ou à travers des villages nous arrivons dans la ville d’Imabari. Une boutique éphémère bradé des articles d’artisanat décoratif. Tout est magnifique. Nous aurions bien acheté des paravents et toute sortes d’objets à offrir mais ils ne sont pas en mesure de nous les expédier. Nous achetons 4 poissons que l’ont fait flotter dans le vent pour remplacer les nôtres déchirés par le mistral… Un pour chaque enfant.  Flo après une semaine de nourriture japonaise se laisse tenter par une pizza. Arrêt dans une…

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Arrivée de Flo départ pour le henro, le pèlerinage des 88 temples de Shikoku

18 octobre dimanche lundi 19 octobre  Flo arrive de Paris un peu paniquée son telephone déchargé son passe internet ne fonctionne pas. Nous communiquons par sms, je la retrouve à la sortie du JR pas très loin du lieu de rendez-vous que je lui avais donné. Pas facile de se retrouver dans une grande ville comme Osaka sans téléphone.  Nous visitons la tour Hitachi une concession que je fais au tourisme. Nous y étions avec Dimitri il y à deux ans. L’attente à tous les étages est longue. Mais la vue est belle sur Osaka à la nuit tombante.  Flo se sent fatiguée. Pas de grand restaurant kaiseki ce soir. Elle préfère dîner dans le petit restaurant où j’ai mangé le premier jour. La patronne nous accueille avec le sourire et sa voix chaleureuse. Elle se souvient de moi. Nous discutons un peu. Flo prend des huîtres frites et panées et un maquereau grillé. À 20h nous sommes au lit.  Lundi 19 octobre Nuit courte peu dormi. Chaleur et transpiration. Nous avons pris le métro jusqu’à la gare de Shin Osaka. 290 yen le billet. J’avais réservé les billets des mon arrivée à l’aéroport.  À la gare nous avons juste le temps de prendre un café dans un 7 Eleven puis de monter dans le Shinkansen Nozumi pour Hakata. Nous descendons à Okayama ou nous changeons de train pour Shikoku.  Le temps de trouver le bon couloir, le bon étage, le bon quai, le train arrivé sur le quai à peine avons nous pris place dans la file d’attente de la voiture 1 en bout de quai pour les sièges non réservés. Sans parle japonais nous n’aurions jamais pu avoir la correspondance.  Nous sommes dans la voiture sans réservation, plus économique mais mon facile à trouver. Nous avons chacun un siège dans deux rangées différentes. Le train est calme. À ma gauche un jeune homme aux ongles long et vernis. Sur le quai un homme de forte corpulence est en rouge de la tête aux pieds. Même sa casquette et ses baskets sont rouges d’un rouge criant. Pas facile d’être original et de sortir du moule ici dans ce pays de la conformité. Je ne dirais pas conformisme mais conformité. Tout le monde est dans le moule et il est si difficile d’en sortir que les originaux sont souvent des orignaux de rupture.  Dans la dernière voiture je peux suivre l’avancée du train qui nous conduit vers Shikoku par la fenêtre. Toujours spectaculaire. Après Okayama les premières rizières. Nous nous rapprochons de Shikoku. On sent les odeurs de graisse chaude des freins, des odeurs mécaniques. La lourde machine avance rapidement au milieu des paysages toujours familiers. Une émotion forte me gagne. J’en ai presque les larmes aux yeux. Retrouver les campagnes japonaises, les cultures de soja de riz, d’agrumes. Les exploitations miniatures ultra mécanisées. Les fermes stylisées perdues au milieu des rizières.  Retrouver le Japon rural.  Une joie m’envahit, le bonheur de retrouver le Japon ou j’ai plongé à 20 ans, perdu…

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Dans les rues d’Osaka

17 octobre samedi  Dans une rue commerçante d’un quartier populaire d’Osaka près de Shi Imamiya, des magasins de Bento. C’est  l’heure du déjeuner. À l’angle d’une rue un marchand ambulant invite les passants à acheter ses lunch Bento. Sa boutique est simple :  une petite table et un fauteuil en pleine rue, un présentoir et quelques Bento disposés sur la table. Il me fait la réclame de ses produits, son Bento est à 500 ¥ c’est-à-dire à peine trois euros pour le repas de midi. Il m’explique qu’il les fabrique lui-même.  Content de son travail, il me présente l’un des cinq Bento en me disant : « celui-ci c’est le meilleur »  Je reviendrai tout à l’heure lui en prendre un. Je n’ai pas encore faim.  Un peu plus loin, devant un love Hotel, un jeune couple sort la main dans la main. Ils sont venus passer un moment intime dans une chambre discrète loin des fines cloisons de leur appartement ou de leur chambre d’étudiant.  Après une ou deux heures de marche dans le quartier je me suis attablé à un stand de rue juste sous une voie ferrée. Sur une plaque métallique, le chef cuisine des morceaux de graisse avec une sauce de soja.  Tout autour des hommes surtout boivent du shochu et des bières. Une femme dans le groupe filme le cuisinier. ça rigole bien. Étalages de rue à Osaka La consommation d’alcool est en forte diminution au Japon en particulier chez les jeunes. Ajoutez à cela la baisse de la population. L’administration fiscale n’a pas hésité à battre la campagne récemment pour relancer la consommation d’Alcool. Elle s’attend à une chute de ses recettes fiscales. À la bonne heure. Entre santé publique et budget de l’État il faut parfois faire des choix. De la à concevoir une campagne de promotion de l’alcool financée par l’État. Cela laisse songeur. Je passe devant un bar. Au comptoir, la patronne, la Mamasan, une femme installée. C’est un karaoké. Un homme d’une quarantaine d’années, salaryman plus au moins en costume. Devant lui six bouteilles de bière vides. Il chante le micro à la main sur une musique un peu romantique japonaise, et au fond, un autre client bat la mesure en tapant dans ses mains. Notre homme est visiblement ivre après sa journée de travail, il a l’air joyeux. La patronne me fait signe d’entrer, je décline de la main en souriant, il est tôt pour chanter dans un karaoké à l’ambiance un peu pathétique et un triste. C’est aussi ça le Japon.  Même si on chante faux on passe un bon moment. Je n’ai jamais trop aimé les karaokés pendant mes années à Tokyo. J’ai repéré dans mon quartier un bain public. Je vais me laver et me tremper dans le bain brûlant, ça me fera du bien. Il a plutôt bonne presse, le tarif est raisonnable.  Sur le retour je passe par hasard devant l’hôtel Mamba, un hôtel pour touristes. En bas, ils sont tous assis autour d’une table à converser…

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Étape à Osaka sur la route de Shikoku

16 octobre  Arrivée sur Osaka Arrivé à l’aéroport d’Osaka. Gare et achat de billet. Je réserve mon billet pour Shikoku au guichet JR la compagnie nationale. Je profite du guichet réserver aux personnes parlant japonais. Personne n’attend.  Retrouver cet état d’ivresse du Voyage en train au Japon. Je vois les maisons défiler. dans les vapeurs du décalage horaire, il est quatre heures du matin pour moi. Je me réveille et  vois défiler ces images côtoyées depuis bientôt 40 ans. Chaque  fois le même plaisir. À peine sorti du métro je déjeune dans un minuscule restaurant tenu par deux dames âgées. On discute un peu. Le fils de la patronne a fait un stage en cuisine à Lyon Il est chef à Hokkaido maintenant. Je me régale d’un plat de saumon grillé. Rien à voir avec la cuisine de l’avion. Je cherche ensuite la petite maison que j’ai louée pour trois nuits et récupère un peu de la nuit sans sommeil. Tout près le musée et le parc Tennoji débordant d’activité De partout des jeunes dispersés sur les pelouses discutent, jouent… des jeunes couples se retrouvent. Tout autour des cafés et restaurants, un mini stade de football. Cet espace est surprenant de vitalité. Très vite la nuit tombe. Près de la gare de Tennoji, dans une des tours récentes d’Osaka, au 14 ème étage je m’installe dans un restaurant de cuisine traditionnelle « kaiseki ryori »  Je retrouve les saveurs : flanc à l’œuf dans un bouillon salé avec des morceaux de poisson et des coquillages. Succession d’assiettes colorées et savoureuses. Loin de l’agitation qui a gagné les quartiers touristiques, je suis entouré de japonais gage de tranquillité et de cuisine encore authentique.  En face de moi, à l’occasion d’un repas d’entreprise, une quinzaine de personnes se font face. Au milieu le patron ou le responsable comme souvent. Tous les caractères et les tempérament ressortent. Les personnes réservées, les personnes extraverties et l’alcool aidant, rapidement la conversation s’anime avec de l’humour. On reconnaît les personnes timides qui n’osent pas trop s’asseoir ni commencer la conversation. Une jeune femme fait attention à tout ce qu’elle dit. Les expressions de son visage pourraient tout à fait être celle d’une jeune femme en France à l’occasion d’un repas d’entreprise. À côté d’elle, un homme d’une cinquantaine d’année, le seul de tout le groupe à porter une cravate, le premier arrivé. J’imagine que c’est le Comptable ou un poste équivalent.  il ouvre à peine la bouche,  se tient bien droit, le nez chaussé de lunettes. Assis à côté du patron, il mange discrètement, il s’était installé en bout de table, ce dernier lui a fait signe de se rapprocher. Sur la droite  un groupe de jeunes des commerciaux ou des techniciens, plus bruyants, le visage commençant à rougir sous l’effet de la bière et des rires. De l’autre côté les femmes. Les 15 personnes représentatives du Japon, me rappelant les repas d’entreprise à Tokyo, si peu différents d’un groupe de collègues français. Est-ce que le Japon change?…

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à l’aéroport de Marseille 

15 octobre  Joie de reprendre le chemin du voyage après une courte nuit ; à 2h30 je n’arrivais plus à dormir. À 3h30 j’étais debout. Suis parti de la maison à 4h30 en taxi. Cela m’a coûté 100€ J’ai longuement discuté avec le chauffeur. Il m’a raconté sa vie.  Diplômé en droit il a enchaîné les petits boulots en cdd pendant des années puis a travaillé dans la banque, cela ne lui plaisait pas. Il a été d’abord embauché à la société générale puis débauché par une banque concurrente. Il était mieux payé mais la culture du chiffre ne lui convenait pas. Il s’ennuyait rechignait à la tâche. Il a été licencié après une dépression et un arrêt maladie et s’est installé comme taxi. Marié avec deux enfants il travaille dur comme taxi ne compte pas ses heures et apprécié la liberté tout en regrettant avec le recul le confort et les avantages d’une vie de salariés. Chaque année ils partent voyager à l’étranger avec leurs enfants. En 30 minutes une vie se dévoile.  L’avion vient de décoller pour Amsterdam, nous survolons les habitations dans la nuit, les files de voitures, blanc et rouge, dessinent des boucles, se croisent … j’ai l’impression de voir le cheminement de fourmis qui avancent et creusent un sillon dans le sable.  Mouvement dérisoire des humains qui à 6h30 sont déjà en route pour se rendre au travail. Le trafic est déjà dense sur Marseille. 6h30 à peine, des milliers de voiture se mettent déjà en mouvement pour traverser la ville et ses encombrements titanesques. Les grands sites industriels commencent à 7 heures le matin. Nous survolons l’étang de Berre. Des brumes et des nuages masquent une partie des constructions industrielles.  Quelque part à l’horizon, dans l’anthracite du ciel encore plombé, une trace colorée indique un sentiment de l’aube. Réguliers, fluides en mouvement, les véhicules quittent les maisons, prennent place sur les autoroutes et les voies rapides pour gagner les lieux de travail.  Les grandes cités ressemblent à une fournaise, en dessous, en combustion les éclairages publics les lampes au  sodium orange au saumon dispersent et diffusent une lumière de braise dans la ville puis vient la grande solitude de l’étang : en dessous un miroitement confus à la surface des eaux. Escale à Amsterdam, tour de contrôle dessinée dans la lumière du levant, tout autour les immenses pelouses. traces des véhicules de tonte. Je cherche les terriers de lapins comme à Roissy-Charles-de-Gaulle. Ici le flux des voitures semble discontinu. De jour la perception des véhicules est différente, plus naturelle.  ils vont vite,  passent sur l’autoroute sous l’avion. Un avion au-dessus des voitures, je n’avais jamais vu ça… des immeubles des immeubles et des immeubles voici les Pays-Bas. Les canaux sont toujours là pour évacuer le trop plein d’humidité vers la mer.   Une fine humidité du levant flotte littéralement au-dessus des pistes d’atterrissage. Pourquoi ne dit-on pas piste de décollage?  ici partout des coques bleues sur le dessus blanc sur le dessus:  un parking…

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4 ° Rencontres littéraires Poésie en bauges

Les 4ème rencontres de poésie en Bauges se sont tenues du 16 au 19 septembre à Aillon-le-Jeune. Au programme séjour dans un gîte près de la chapelle, marches dans le village sur le sentier des étoiles et une halte au bord du nant d’Aillon. Et bien sûr la gastronomie locale avec les légumes du potager et les produits de la ferme et de la fromagerie. Randonnée, gastronomie et écriture réunies dans un cadre d’exception. Durant 2 journées nous avons pu parcourir les salles de l’exposition « Germination » dans le musée de la Chartreuse d’Aillon pour une mémorable résidence d’écriture. Dans le silence du musée les œuvres nous ont livré quelques-uns de leurs mystères et de leurs secrets. Un grand merci à toute l’équipe de la Chartreuse pour son accueil, et particulièrement à Michèle et Jérôme Salord pour avoir rendu possibles ces moments un peu hors du temps. Après le temps d’écriture vient le temps de partage avec le public. Le vendredi 18 septembre en soirée dans le musée de la Chartreuse d’Aillon les auteurs présents pour ces rencontres ont lu les textes écrits en résidence, inspirés par les œuvres de l’exposition devant un public nombreux venu du village d’Aillon-le-Jeune, de Chambéry et d’autres communes de Savoie. Un grand merci aux auteurs qui se sont déplacés et qui ont participé à l’aventure, Isabelle Alentour, Emmanuelle Sarrouy, Claudine Baissière, Sabine Rimaud, Claudine et Marc Ross. Merci à la Chartreuse d'Aillon-le-Jeune

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