Chaque jour je lie, je relie

lecture du livre d'Isabelle Alentour aux Editions Les Lieux-Dits Je lis et relis ce livre, du début à la fin, de la fin au début. Il ne se livre pas immédiatement. Ecrit pendant la période du confinement, publié en 2025, c’est un des plus beaux textes d’Isabelle, d’une grande densité poétique, sans doute celui qui me touche le plus, qui me parle. La recherche des mots, les images, une part de mystère, une forme de réflexion sur ce qui nous entoure. « Allongée au ras des pâquerettes, trèfles mâchouillés jusqu’à l’acide, orteils malaxant un poème terreux. » « Le corps on y pense peu, il est comme l’air, comme la terre. On l’habite sans y réfléchir, on s’y confond, il n’est pas là. » « Apprendre de son corps l’élan qui délivre, on pourrait appeler ça danse. Danser c’est très près de la peau. » « Sur la vitre des crachats de pluie en forme de fatalité. Est-ce les mots qui entrent dans la vie, ou la vie qui entrent dans les mots ? » « Appliquées à raccommoder la langue-mère, vous avez dès l’enfance appris à broder, imiter, satisfaire, sublimer. » Isabelle raconte entre les lignes sa pratique de thérapeute « Je me réveille et je m’habitue, je n’aime pas m’habituer mais je m’habitue, vous me devenez familières, c’est évident, une à une très familières, tellement familières que soudain je ne me reconnais pas, ne me suis jamais aussi peu reconnue. Le printemps est là/ Remettre le disque à l’endroit. » « Le seuil de la cabane franchi vous n’osez pas m’approcher de trop près. La confiance ne s’accorde pas en un claquement de doigts, et la scansion bondit plus promptement que vos sourires qui essaient de m’apprivoiser. » « Mon écoute vous suivra bien longtemps après que vous ayez quitté la cabane. »

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Charla de Sombra lecture en trois langues

Lecture en trois langues du poèmes Charla de Sombra inspiré par les œuvres de l'artiste japonaise Keiko Mataki Keiko Mataki le 13 décembre 2025 à cette occasion j'ai également lu des extraits du récit poétique paru dans la revue Ecrits du nord des éditions Henry La rumeur libre éditions "Avec Keiko à Cuenca" écrit à l'occasion de la rétrospective des 50 année de création artistique de Keiko à la fondation d'art contemporain de Cuenca merci à Sama pour les photos et vidéo @sam.myoxymore à tous les amis présents Claudine BaissiereEmmanuelle Sarrouy NoguèsPatrick Aveline Poésie Thierry Offre

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Voyager, c’est résister à la brutalité du monde

Entretien avec Djamal Guettala du Matin d'Alger Merci à Djamal Guettala pour l'entretien qu'il a publié dans le Matin d'Alger sur le récit de voyage la Badiane et la Soie Dans La Badiane et la Soie, Henri Perrier-Gustin ressuscite, trente ans plus tard, un périple de 20 000 kilomètres à travers l’Asie, accompli quasi sans avion avec Florence, sa compagne de route, de vie et d’écriture. Au milieu des années 1990, ils traversent de Tokyo à Oulan-Bator, des steppes de Mongolie aux montagnes kirghizes puis aux monastères tibétains, en rêvant de Samarcande, tenant ensemble des carnets de voyage tissés de poésie, d’images et de rencontres. À contre-courant de la frénésie contemporaine, le livre célèbre la lenteur comme une manière d’habiter le monde, de regarder, de comprendre. Il restitue l’émerveillement, mais aussi la profondeur du cheminement intérieur que ce voyage à deux a rendu possible. À travers ces visages croisés et ces paysages encore préservés, apparaît déjà un monde en mutation — celui qui bascule vers la mondialisation accélérée, la numérisation et l’uniformisation culturelle. Henri Perrier-Gustin et sa compagne ont accepté de répondre aux questions du Matin d’Algérie, offrant un témoignage vivant sur leur itinéraire et leurs rencontres. Un récit sensible, attentif, lucide. la suite de l'article

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Salon du Livre de Brison-Saint-Innocent

Belle découverte que le Salon du Livre de Brison-Saint-innocent près d’Aix les Bains en Savoie. Le Salon organisé par l'association « Livres en Fête » et Fondé par Patrick Liaudet que je remercie pour son accueil ainsi que toute l’équipe d’organisation qui m’a permis de faire de belles rencontres avec des lecteurs et de retrouver une partie de ma famille de Savoie. Merci à tous les personnes qui ont eu la gentillesse de choisir un de mes livres pour une prochaine lecture… merci à Solange Gallet bénévole du salon pour la photo https://www.livres-en-fete-a-st-inn.fr/copie-de-2023...

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En train vers l’Est

Les tagueurs de Vienne Tagueurs près du pont Schwedenbrücke Près du Schwedenbrücke les Viennois ont  inventé le restaurant sur pilotis. En forme de bateau. c’est comme voyager sur le Danube sans bouger du quai. Le samedi matin l’endroit est plein des Viennois qui prennent leur petit-déjeuner. Nous les observons du quai opposé où  nous rencontrons deux jeunes tagueurs.  La veille au soir à pied le long des quais, nous sentons une odeur chimique de colle ou de solvant. Nous croisons deux tagueurs en short, la trentaine,  en train de bomber allègrement le mur. Vienne en tags Ils m’expliquent qu’il est légal de peindre sur ce quai, comme pour se justifier. Comparé au classicisme omniprésent de la ville, ce coin de liberté étonne et donne un ballon d’oxygène à la créativité des Viennois. Un petit côté berlinois et disruptif dans une ville où tout est tiré au cordeau, propre et parfaitement peint. Très peu de tags dans la ville… Ce matin nous croisons deux jeunes tagueurs bombe en main sur le même quai. Je prends une photo. L’un d’eux s’est mis en retrait derrière un arbre. Des fois que d’autres le reconnaissent …. La conscience pas bien tranquille tandis que son acolyte bombait prestement le mur et recouvrait les œuvres de ses prédécesseurs d’une large tache de couleur argentée. D’épaisseur en épaisseur, de bombe en bombe, ces quais sont devenus un véritable lieu artistique et ne semblent pas attirer trop de touristes encore comme le cours Julien à Marseille.  Certaines de ces peintures sont très réussies comme cette série de portraits qui tiennent plus de la peinture que du tag D’autres interpellent le passant sur l’actualité et rappelle que la guerre est toute proche. sur un fond rouge sang le symbole d’un vol de colombe avec la date 2025. Sujet en pleine actualité dans ce monde où se succèdent les conflits sanglants. L’Ukraine voisine est dans les esprits. Comment ne pas penser aussi à Gaza  anéantie et à  la Syrie où Druzes et islamistes s’entretuent. 

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Vienne musées Belvédère et Léopold

En train vers l’est Au musée d’art du Belvédère situé dans le Château construit par le prince Eugène de Savoie. Personnalité peu connue en France, né à Paris, à qui Louis XIV avait refusé le commandement d’une compagnie. Qu’à cela ne tienne, Eugène s’engage pour l’empereur d’Autriche et devient, après une série de victoires face aux Turcs et dans diverses guerres de succession, rien de moins que commandant en chef des armées du Saint Empire Germanique…  Un Savoyard à la tête des armées impériales… 😎 Le Château Belvédère fut aussi le lieu du fastueux et dispendieux mariage entre Louis XVI et Marie-Antoine avec 16.000 invités pour un immense bal masqué... On a du mal à imaginer les fastes de cette époque où une minorité s’était accaparé les rênes du pouvoir et l’essentiel de la richesse… On retrouvera cela plus loin sous d’autres régimes. Comme quoi la nature humaine… Situé dans un immense parc, le château surplombe la ville. Le jardin descend en pente douce. Elle devait être belle la vue au 18 siècle avant les constructions d’immeubles. Le regard devait embrasser toute la plaine du Danube et la ville de Vienne.  Dans le musée une collection d’une vingtaine de tableaux de Gustav Klimt notamment des peintures dorées influencées par les icônes italiennes; je découvre d’autres facettes de son œuvre moins connues comme les peintures de paysages ou des portraits plus classiques. Mort brutalement à 55 ans, il a laissé quelques œuvres inachevées. L’exposition du Belvédère explore la préparation de la peinture intitulée  « Die Braut » la mariée et dont la toile brute est restée visible par endroit, aucun élève ne s’étant risqué à poursuivre l’œuvre du maître.  On peut également voir les dizaines d’esquisses préparatoires au crayon de femmes nues.  Klimt die Braut Peinture étrange mêlant plusieurs corps de femme et la présence d’un homme. Peinture assez mystérieuse, œuvre d’un peintre visionnaire.  Klimt 1862-1918 était proche d’Egon Schiele dont plusieurs œuvres sont également exposées comme l’étreinte de 1917. Son aîné de 28 ans, Klimt s’est très vite intéressé à l’œuvre dérangeante et géniale du jeune peintre d’à peine vingt ans dont l’arrivée sur la scène viennoise a été une déflagration. Maturité, originalité, force du style. Schiele avait tout pour imposer sa marque.  Les deux peintres se sont visiblement mutuellement influencés. Schiele a apporté une énergie et une force qui a influencé la peinture de Klimt.  À voir également les collections du musée Léopold sur ces deux artistes.  L’étreinte 1917 Egon Schiele Schiele (1890-1918) à la mort de Klimt, a tenté de reprendre son atelier sans succès. Il ne lui survivra d’ailleurs que quelques mois; lui et sa jeune épouse enceinte de six mois sont emportés par la grippe espagnole fin 1918. Vienne perdrait deux de ses plus grands peintres. Dans le musée Belvédère on peut aussi savourer les sculptures étonnantes des expressions du visage réalisées à la fin du 18 siècle par Franz Xavier Messerschmidt. Une série assez exceptionnelle qui fige dans la pierre des émotions et expressions intemporelles d’un grand réalisme;…

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Mozart et Copernic à Salzbourg

Première étape de trois jours à Salzbourg (sous une pluie rafraîchissante) musées et concert de Mozart dans la citadelle. Je retrouve cette ville découverte à 17 ans, le bac en poche, après la traversée de la Bavière en train : lacs et châteaux de Louis II, hôte de Voltaire.  Dans mes souvenirs on pouvait écouter le soir à Salzbourg des concerts gratuits dans la ville. Peut-être à l’occasion du festival de musique. Je logeais en auberge de jeunesse. Je ne visitais pas les musées. J’ai passé alors mon temps à parcourir la ville et à rencontrer les étudiants dans les universités. Vues de la citadelle depuis la rivière et vues sur Salzbourg La ville n’a pas trop changé, la modernité ne l’a pas trop transformée ou défigurée. Elle conserve son allure de petite ville de province avec sa multitude de clochers. Ce qui a changé, c’est le flot continu des touristes. La ville est envahie de monde, les commerces omniprésents. Des stands de nourriture vendent des tonnes de bretzels agrémentés de fromage, de crème ou nature. Alors on aurait presque envie de ne pas trop parler de Salzbourg pour la préserver de ce flux ininterrompu de visiteurs bedonnants qui consomment la ville la dévorent de selfies et de bretzels. Mais le mal est déjà fait. On voit le bal des avions qui vont et viennent depuis l’aéroport et on ne peut tout de même pas passer un si bel endroit sous silence.  J’ai aimé découvrir le musée d’art moderne inauguré en 2004 et les deux maisons de Mozart : celle où il est né et celle où il a vécu jusqu’à son départ pour Vienne, le musée du Dom ( la cathédrale) et déambuler dans les rues ou le long de la rivière Salzbach.  Mozart tient une place à part dans cette ville qu’il n’aimait pas : voilà ce qu’il écrivait à son père :  « Je vous jure sur mon honneur que je ne peux souffrir ni Salzbourg ni ses habitants - leur langage, leurs manières de vivre me sont insupportables. » Statue de Mozart à Salzbourg son violon et deux portraits Salzbourg a su tirer profit du génie et de la reconnaissance posthume  en vendant tout jusqu’à des chocolats à son effigie.  Dans le petit musée installé dans  sa maison natale, on apprend beaucoup sur ce génie et sa famille. À visiter, malgré le monde. La collection des maquettes anciennes de décors d’opéra est très belle. L’enfant précoce et prodige jouait à 7 ans dans toutes les cours d’Europe et composait des œuvres originales et modernes dès son plus jeune âge. Qualifié par sa sœur, brillante musicienne, d’éternel enfant. Sous la houlette d’un père excellent pédagogue mais certainement trop oppressant, jusqu’à la rupture, et d’un employeur, le prince archevêque Colloredo qui n’a pas su reconnaître son talent à sa juste valeur et n’a eu de cesse de le traiter en quasi domestique. Mozart quitta Salzbourg pour Vienne… Nous retrouverons quelques jours plus tard Mozart à Vienne. La maison qui lui est…

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merci à la librairie l’île aux mots

Merci à tous pour votre présence amicale et enthousiasme lors de la lecture de La badiane et la soie jeudi 27 février.Un immense merci à Yasmina et Nadir de la librairie L'île aux mots pour leur accueil chaleureux, et à Yasmina pour l’animation passionnée de la rencontre et ses questions jamais routinière. À très bientôt pour de nouvelles rencontres ! Photo Patrick Aveline

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