La basilique rouge

Vendredi 17 avril, déjà vendredi il fait presque froid ce matin le ciel est couvert et un vent frais souffle. Toujours cette odeur de charbon brûlé dans l’air On brûle du lignite pour se chauffer et alimenter les centrales électriques… Parmi les boutiques ont dénombre beaucoup de joailleries de coiffeurs de restaurants des banques des quincailleries et des pharmacies.   la basilique rouge est en restauration. des palissades assez hautes disposées par le ministère du tourisme m’empêche de la voir.  que nous réserve ce site ? Il était à l’époque romaine dédié aux divinités égyptiennes, puis il fut converti en église. Par un portail métallique je peux jeter un œil sur la basilique et c’est superbe. On peut voir une divinité égyptienne mi humaine mi animale sur un socle de marbres blanc. Probablement la déesse Isis  Basilique rouge statue de divinité égyptienne Des vestiges à Pergame, il y en a partout, il suffit de gratter un peu le sol,  en couchés nombreuses ils se sont superposés au fil des millénaires alors il ne faut certainement pas aller bien loin pour ramasser une pièce de monnaie ou un bout de sculpture Je me faisais la réflexion suivante ce matin : quand on dit les guides ou les livres d’histoire on ne nous parle que des rois et les autres, les simples habitants quand sait t’on? Les historiens ou historiographes officiels se sont concentrés sur les puissants, ceux susceptibles de les entretenir. Quel souvenir garde-on des simples? comment vivaient-t-il les paysans, les artisants? En lisant les auteurs de théâtre ou les poetes on en apprend plus. Comme les pièces de l’auteur latin Plaute. On se souvient des médecins comme Galien, qui ont laissé des traces et des écrits.  on se souvient des poètes des philosophes, ceux qui écrivirent.  L’écrit laisse la trace. par l’écrit on donne vie à ce qui ne laisserait pas de trace Au bord de la rivière récemment réaménagée des mûriers ont déjà leurs fruits. Les ponts romains qui enjambent le fleuve côtier ont été restaurés l’an dernier. Les vieux ponts toujours debout au-dessus de la rivière, j’en ai dénombré trois dans la ville.   On a planté des arbres le long des quais, des figuiers, des pommiers des abricotiers des arbres fruitiers. C’est bon signe cela montre que la Turquie pense à son avenir  les arbres fruitiers, sont la vie. Je pense à tous ceux chez nous qui s’agitent à tous ceux qui s’époumonent à tous ceux qui brassent de l’air à tous ceux qui invectivent et s’invectivent… Depuis le pont j’ai une vue magnifique sur la basilique rouge. La basilique rouge vue du pont opposé Je suis juste sous le site de l’acropole, ici, se tenait une immense cité, capitale de la province d’Asie de l’empire romain, une capitale importante, commerçante lieu de pouvoir et de richesse et de culture, avec une bibliothèque qui rivalisa avec avec Alexandrie à tel point que le roi d’Égypte Ptolémée Epiphane interdit l’exportation de papyrus.  qu’à cela ne tienne ! un…

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Pergame Galien fondateur de la pharmacie

Jeudi 16 avril Nous visitons le sanctuaire d’Asklepios (Esculape),  site de soins tres couru dans l’antiquité où exerçait Galien (Galenos) un grand médecin de Pergame, pionnier en son temps de la pharmacie et de la médecine  Sculpture en hommage à Galien Site vraiment intéressant, même si les vestiges visibles sont limités, on peut imaginer sa splendeur passée. Temple de Zeus Esklepion, théâtre, bassin et source sacrée.  Le ciel est couvert, il fait frais, le pull se supporte très bien. Nous croisons un groupe d’Américains, accompagnés de deux guides, qui prêchent. Ils reprennent le thème du soin et de la souffrance des autres pour parler de religion. Le Christ est mis à toutes les sauces. Le groupe réunit des américains de tous âges, tous munis d’un carnet où ils prennent des notes assidûment. Ils portent tous le même petit sac sur le dos. l’obscurantisme gagne les États-Unis. C’est préoccupant. Quand on voit comment ils agressent et bombardent l’Iran ils feraient mieux de s’occuper d’eux-même  En deux générations le monde a basculé de démocratie laïque reposant sur le droit international à des états de plus en plus autoritaires proches de la tyrannie, où les droits fondamentaux sont limités sous couvert de religion.  démocrates du monde entier, inquiétez-vous et défendez vos droits  l’Iran aux mains des Mollahs , la Turquie, aux mains d’un régime de plus en plus religieux, les États-Unis aux mains d’un président qui se prend pour Dieu. Le mot d’ordre surtout faites des affaires et vous préoccupez pas de politique. Nous rentrons vers le centre-ville à pied et traversons un quartier habité par des Roms de Turquie. Ils sont nombreux dans les quartiers périphériques de la vieille ville. Les femmes ont le teint plus mate et la tenue caractéristique. La Turquie s’enrichit et beaucoup de ses habitants sont pauvres. Visiblement la richesse n’est pas partagée. Tout ici est de bric et de broc. Nous sommes en marge dans ces quartiers qui ne profitent pas du Développement Urbain.  Nous y croisons tout un attroupement d’enfants, ils énumèrent leur prénom. Les garçons sont sur des vélos.  une douzaine de garçons et de filles entre cinq et 10 ans viennent nous dire bonjour, ils sont tout content de se présenter de nous serrer la main, ils rigolent, on les salue et on continue notre chemin. Le chemin contourne la ville, nous sommes juste en dessous de l’Acropole de Bergame. Ici on surplombe la rivière, le pont  de pierre et la basilique rouge.  La brume se mêle au ciel on distingue la silhouette de l’île de Lesbos dans des vapeurs laiteuses au dessus  de la mer Égée qui nous sépare des îles grecques.  La grève continue, la fièvre aphteuse qui touche le cheptel de l’île a obligé les vétérinaires à abattre plus de 2000 têtes de bétail. les agriculteurs en difficulté bloquent tout commerce maritime à la sortie de l’île depuis hier matin. Je ne sais pas si nous pourrons aller à Mytilene les nouvelles que l’on lit dans la presse ne sont pas…

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Bergame

Mercredi 15 avril Nous quittons la sympathique pension de Monsieur Akan, notre hôte kurde. Son fils Ossman 27 ans est architecte. Il a dessiné et conçu la pension de huit chambres. Tandis que son père et ses oncles l’ont construite. Hier soir je vois sur le sol des plaques de ciment en train de sécher. Ossman que j’interroge m’explique que ce sont des couvertures que son père posera au-dessus des murs, c’est plus esthétique et cela les protège en fabricant soi-même leur matériaux en taille les pierres, ils ont pu construire cette maison. j’ai suggéré hier à Ossman en lui montrant des photos de racheter une des vieilles maisons des plus pittoresques qui est en vente pour en faire une auberge.  Leur maison est juste à côté d’un autre immeuble récent. Elle est à la limite de la partie neuve de la ville ensuite commence l’enchaînement des vieux quartiers semés de maisons en ruine. Nous prenons un café et avalons une orange avec une galette de pain au sésame. . Le père Akan nous conduira en voiture jusqu’au ferry. Il nous montre sa note sur le site de réservation; nous lui faisons un signe de la main pour lui dire que nous mettrons une bonne note Florence ouvre grand les deux mains pour signifier 10.  Nous sommes dans sa voiture avec une autre voyageuse qui part vers Izmir. Elle est turc de Constantinople, elle parle allemand, me demande de lui descendre dans l’escalier son bagage qui est lourd. Une  autre personne touchée par l’actualité. Elle vit depuis 20 ans à Abou Dhabi. Son vol a été annulé elle est bloquée en Turquie et voyage en  attendant de pouvoir retourner chez elle  à Dubai. je lui demande comment est la vie là-bas. elle me répond que elle était très bien jusqu’au mois dernier. maintenant, tout le monde veut partir. Comment la guerre encore bouscule le destin des hommes et des femmes. Nous  n’en saurons pas plus beaucoup plus. Nous arriverons rapidement au ferry. Et part ensuite vers la gare routière.  La route passe juste derrière la maison d’Akan longe la Crète de la colline. Nous n’avons pas même pris le temps la veille de nous élever de quelques mètres pour voir la vue magnifique sur les îles et la mer. Nous marchions vers le centre ville en contrebas. C’est ici un autre univers. En quelques minutes, nous sommes sur le quai et Akan nous salue d’une poignée de main de maçon, le regard franc un peu triste et lointain, chargé d’émotion. on se salue, on se remercie du regard pas un mot commun, on sait à peine dire merci en turc . Merci qui n’est pas simple. Lui ne parle pas un mot d’anglais. Nous arrivons au poste de douane pour prendre le bateau de 9 heures. Nous sommes en avance nous attendons.  Un employé nous dit que nous ne pouvons pas rentrer, nous patientons un peu, je redemande, on nous annonce une une grève, je pense que c’est une plaisanterie.…

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À Ayvalik on tourne

Mardi 14 avril, notre hôte A me montre une vidéo de son village kurde de Mydiat avec une église. Je lui demande s’il est chrétien il m’explique que la famille du côté de sa mère était d’origine chrétienne de Syrie, et me fait le signe qu’ils ont été tués. Difficile de communiquer avec lui il utilise le traducteur de son téléphone. On sent qu’il est empli de nostalgie de sa région d’origine.  Il nous offre un café sur la terrasse devant la pension.  nous visitons ensuite les églises grecques transformées en mosquées Un minaret flanqué devant le fronton de l’église, et voilà comment un culture orthodoxe devient musulman. La pierre est la même : un gré rose taillé en colonne. la mosquée semble fermée, je n’entre pas. Un vieil homme s’adresse à moi en turc , il a perdu visiblement la tête. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit. Il poursuit son chemin et ses invectives… Le quartier dans lequel nous logeons est presque à la périphérie de la vieille ville. Il compte de nombreuses maisons abandonnées et ruines insalubres que personnes ne voudrait habiter.  Nous arrivons dans le centre de la ville, de belles maisons grecques, moitié en ruine sont à vendre à qui voudrait les restaurer et leur redonner l’ éclat d’hier. commerce, restaurant, atelier chacun trouvera sa place. Je me pose à la terrasse d’un café pour prendre un pain fourré au fromage et un çai. sur la place une statut de cheval entourée d’enfants et tout autour des boutiques : un primeur avec ses étals colorés de légumes qui donnent envie de cuisiner, une boulangerie, une droguerie  les pneus d’une camionnette crissent sur les pavés dans une manœuvre pour contourner une voiture qui stationne au milieu de la place. Le tout sans énervement. Il fait beau en ce milieu du mois d’avril, le ciel légèrement couvert ne fait pas trop chaud  Des bureaux d’administration sont ouverts. on ne sait pas trop ce qu’ils font. Ils sont nombreux dans la villes. partout des drapeaux avec le croissant de lune blanc et l’étoile sur fond rouge. les tables de la terrasse où nous nous sommes installées sont multicolores. Le Serveur nous accueille avec le sourire, je croise un vieil homme casquette sur la tête, fine moustache qui traverse la place. une marchande accroche des vêtements orientaux scintillants aux baleines d’un grand parasol. Elle a les cheveux décolorés presque gris, une allure très européenne; elle vend des antiquités de vielles pièces en bois des peignes à fruits en forme de pieds ou de main.  Sa boutique sent la poussière le vieux coton, elle vend des tissus des antiquités, tout ce qui peut intéresser un visiteur en quête de souvenirs de vieux et d’histoire à raconter. Une vraie boutique de souvenirs qui ne vend rien provenant de Chine, que des produits locaux, récents ou anciens.  La mosquée à l’horloge, ancienne église  du XX siècle transformée en mosquée. pour les habitants turcs de Lesvos déplacés  ici en 1923 lors…

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Vers Ayvalik

« Nous avons vengé Hector aurait dit Atatürk après la victoire des Dardanelles » Opposition entre l’orient et l’occident entre les Turcs et les européens … Ce matin nous avons traîné dans la chambre, fatigués des marches d’hier, de tout ce que  notre mémoire et nos yeux ont enregistré. Besoin de repos de lecture. petit déjeuner tardif puis  à midi nous quittons l’hôtel  devant nous une demi-journée de bus pour faire à peu près 100 km le long de la côte, avec de nombreux arrêts. Par précaution, je m’installe dans un restaurant de çorba. Florence n’a pas encore faim. Je commande une assiette de soupe de lentilles pour deux. Je suis plus raisonnable qu’hier. Je n’essaye pas la soupe de cervelle, de pieds de moutons ou de tripes. Je reste dans le végétarien et l’accessible. Le ventre plein, nous chargeons les sacs sur le dos et nous dirigeons sous un soleil printanier vers l’arrêt de bus qui nous conduira à la gare centrale. Nous passons devant un collège, les enfants portent tous le même survêtement, pantalon bleu, sweat rouge ou blanc, avec  « gazi » écrit sur le devant.  Gazi signifie le victorieux surnom donné au futur Ataturk Il ne fait pas chaud, malgré le soleil, je supporte le bonnet de laine et la laine polaire sur les épaules. En avril, même en Anatolie, on ne se découvre pas d’un fil.  Nous demandons à un passant comment aller jusqu’à la gare centrale. Il nous accompagne et fait un long détour jusqu’à un arrêt de bus, puis s’en va discrètement. Chaque jour la gentillesse et l’hospitalité turque se confirment.  Docus 9 est des premiers mots de la langue turque que nous apprenons. Neuf. C’est le numéro du bus. Dokus me dit le chauffeur du bus 960 en enlevant le nez vers là-haut pour me dire non quand je lui demande s’il va à l’otogar.  Flo me dit « ça veut dire neuf, je viens de regarder ».  Nous attendons longtemps le bus docus. Mieux vaut ne pas être pressé pour avoir son bus.  Auto Gare de Canakkale : de jour elle est plus accueillante. tout autour des immeubles sortent de terre, encore entourés des gravats de la construction. Des immeubles de six étages avec entre eux des airs de jeux pour les enfants et à quelques pas un cimetière. tout est en place pour organiser la vie autour de la gare, logements, jeux, commerces, travail et tombes.  où vont-ils ces futurs résidents pour le travail à Izmir, Canakkale? peut-être même jusqu’à Constantinople ?  je pensais que le bus partirait à 14h15. En fait nous avons pris des billets pour le bus de 13h45 et la caissière tout agitée se précipite vers nous assis sur un banc pour nous dire de monter vite dans le bus. Le chauffeur nous attend pour le départ. Assis les sacs déposés en soute la  porte se referme, nous sommes installés dans un bus neuf confortable, ceinture de sécurité qui marche. Rien à voir avec certains vieux cars qui sillonnent les routes de…

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la guerre de Troie

Les armes n’ont pas encore de feuilles, elles ne renaissent pas au printemps il fait à peine quinze degrés dehors;  les campagnes s’étendent en immenses vallons agricoles. La région sort à peine du froid, des aubépines blanchies de fleurs bordent les blés, un paysage qui pourrait être chez nous mais avec une tonalité différente. Est-ce l’humidité de l’air ou la proximité maritime, le relief, plus plat, plus ondoyant?  Quasiment pas de construction de ce côté, puis une ferme à grande échelle surgit au bord de la route.  La mer de Marmara n’est pas très loin, mais elle tarde à apparaître. Nous sommes encore à 170 km de Canakkale. Nous y serons à 20 heures avec la tombée de la nuit.  Grâce aux miracles de la technologie, nous pouvons nous repérer facilement, rejoindre notre hôtel, marcher à pied un ou 2 km depuis l’arrêt du bus Réserver un hôtel, payer en ligne, voyager est devenu d’une telle facilité, tant qu’on a un petit peu d’argent sur son compte en banque. je n’ai pris que cinq kg de bagages juste de quoi me changer, lire et nous verrons bien Des champs de céréales bordés de haies fleuries… il est 18 heures on ne voit personne dans les champs une halle commerciale à l’abandon Les paysages différent à peine de ceux du train avec plus d’habitation peut-être  le train offre le charme des villes traversées et des gares aux morphologies toujours différentes. En bus un petit côté de route nationale avec ses pylônes électriques et ses paysages ruraux  12 avril 2026 à Canakkale proche du site de Troie, dans le détroit des Dardanelles, lieu de commémoration des combats entre les puissances alliées européennes face à l’Allemagne et son allié l’empire ottoman essoufflé, 1915 1916 sur les hauteurs, des grandes inscriptions entre souvenir des lieux de combat.  C’est le Verdun turc, leur lieu de commémoration, et certainement  d’exaltation de la fibre nationaliste, immense drapeau et des cimetières pour héberger les dizaines de milliers de corps de jeunes soldats, français, anglais, néo-zélandais australiens, turcs mort dans ces combats dirigés par le futur Ataturk héros national.  la ville de Kanakkale si animée hier soir est bien calme ce matin à 7h sur le front de mer, ne bougent que les ferries quelques pigeons et des oiseaux dans le ciel. De vieux Turcs prennent leur café à une terrasse et des groupes de touristes asiatiques, ici thaïlandais, se photographient devant la réplique du cheval de Troie. Le ferry est déjà loin. en quelques minutes il attendra l’autre rive du détroit, une rive qui est déjà illuminée par le soleil, tandis qu’ici la ville patiente encore dans l’ombre d’une fin d’aube Elle est bien développée la Turquie, il ne faut pas s’attendre à un pays pauvre. hier dans le centre de Canakkale, du bruit, de l’animation de la musique et des jeunes qui sortent et  s’amusent. La ville est universitaire. Les femmes ne portent pas le voile, une jeunesse libre se retrouve entre amis dans des bars et…

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Turquie mer de Marmara 2026

Bus en direction du détroit des Dardanelles. À peine arrivés à l’aéroport nous avons sauté dans un bus en partance pour contourner la mer de Marmara et nous rendre dans le détroit des Dardanelles direction Canakkale. Nous avions prévu de séjourner deux nuits à Istanbul, Istanbul attendra. Portrait d’Ataturk héros des Dardanelles à Canakkale Nous n’avons pas de nuit d’hôtel réservée  à peine 100 € en poche pas même changé de lires turques et nous filons en direction du détroit qui nous conduira vers  la côte méditerranéenne.  C’est l’avantage d’être libre de ses mouvements, de ne pas trop organiser à l’avance et de pouvoir constamment nous adapter au relief aux circonstances et à ce qui se présente à nous.  Réserver à l’avance nous contraint, à commencer par un billet de retour. Je n’ai pas voulu prendre de vol de retour depuis Antalya ou Izmir. nous irons jusqu’où nous pourrons aller et nous rentrerons vers Istanbul pour prendre le vol le 26 avril. C’est notre unique point de repère dans ce voyage. Le reste est totalement libre. Je n’avais pas envie de retourner directement dans l’agitation d’Istanbul près de Sainte-Sophie où l’on est systématiquement sollicité par les commerçants. Nous aurons bien l’occasion d’y retourner dans deux semaines.   Les paysages sont d’un vert presque fluorescent en ce début d’avril. Le blé est en herbe; à perte de vue, on voit s’étendre les champs où se dessinent les traces des véhicules agricoles...  …à perte de vue des bâtiments disséminés dans les champs, des maisons de jardiniers m’ont donné l’impression d’être dans les grands espaces de Mongolie. Les turcs ont ils gardé en eux ce souvenir des steppes, des yourtes et du nomadisme?  pas de village mais uniquement des maisons très clairsemées, des containers disséminés au milieu des prés servent d’abri de jardin, des petites maisons, bien finies, attestent du talent des Turcs pour la construction. Des éoliennes un peu partout. Reprendre les carnets d’itinérance. Reprendre ces textes dictés par la lumière et le jour. Les chiens vagabonds se nourrissent de ce qu’ils trouvent à proximité des humains. Ici se succèdent les paysages industriels, modernes ou en friche, des usines, d’il y a 20 ans et des usines ultra modernes aux vitres de verre teinté, rutilantes. Des usines qui se succèdent et de grands parkings  ou de vieilles voitures attendent les ouvriers à la fin du jour.  Un peu plus loin des immeubles de quelques étages, au milieu des champs, des immeubles où logent les ouvriers. Comme mon grand-père, à Saint Béron dans un immeuble à la façade jaune pale construit par l’usine où il travaillait. Il avait une belle écriture, ce qui lui permit de passer d’ouvrier à comptable. À douze ans on travaillait à l’usine.  Station essence en bord de route, des pneus empilés, des silos à grain à  une usine à peine sortie de terre, entre les champs de colza et les champs de blé. C’était une usine de halva, de pâte de sésame. Nous passons un cours d’eau avec…

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Avec Keiko Mataki à la Grande Librairie Internationale de Marseille

C’était le vendredi 19 décembre 2025 à 20h, il y a déjà un peu plus d’un mois à la Grande Librairie Internationale de Marseille Un magnifique lieu de rencontre et de partage animé par Anne Sophie, librairie plurilingue où les activités et les langues se croisent et nous donnent l’occasion de découvrir d’autres artistes. Après une présentation par la galeriste Ginette Turpeau-Parrès du parcours de Keiko Mataki, Keiko nous a présenté son nouveau travail : un livre d'artiste original intitulé !SSSSHUP!. Il rassemble des dessins très colorés accompagnés pour seul texte d’onomatopées japonaises. Keiko a également présenté plusieurs de ses gravures et sérigraphies, et lu en japonais le poème Charla de Sombra que j’ai écrit à partir de 10 de ses gravures. Nous avons ensuite partagé un moment plurilingue avec la lecture en plusieurs langues du poème Charla de Sombra : en français en espagnol avec la traduction d’Enzo Grimaldi lue par Ginette Turpeau-Parres et même provençal avec la traduction lue par Thierry Off Keiko a présenté une vidéo sur son libre !SSSSHUP!. https://www.youtube.com/watch?v=Akgt-FwG780 Ensuite Anne-Sophie et Keiko ont présenté plusieurs vidéos rétrospectives de son travail au Japon à grande échelle comme la décoration du pont Hokusen au Japon Pont Hokusen 北泉橋 https://www.youtube.com/watch?v=1PAD6vyBcLM&t=810s Ou la place Taio à Cuenca en Espagne https://www.youtube.com/watch?v=dbJvNJVPPpo&t=338s Dans cette époque de repli sur soir et de nationalisme cela fait le plus grand bien de partager d’autres langues, d’autres cultures cela rappelle la lecture en 2024 sur la place Taio... https://www.youtube.com/watch?v=V17SFBT5kcY Un grand merci à Anne Sophie pour son accueil toujours aussi chaleureux et merci à Sama pour l'organisation @sam.myoxymore

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Chaque jour je lie, je relie

lecture du livre d'Isabelle Alentour aux Editions Les Lieux-Dits Je lis et relis ce livre, du début à la fin, de la fin au début. Il ne se livre pas immédiatement. Ecrit pendant la période du confinement, publié en 2025, c’est un des plus beaux textes d’Isabelle, d’une grande densité poétique, sans doute celui qui me touche le plus, qui me parle. La recherche des mots, les images, une part de mystère, une forme de réflexion sur ce qui nous entoure. « Allongée au ras des pâquerettes, trèfles mâchouillés jusqu’à l’acide, orteils malaxant un poème terreux. » « Le corps on y pense peu, il est comme l’air, comme la terre. On l’habite sans y réfléchir, on s’y confond, il n’est pas là. » « Apprendre de son corps l’élan qui délivre, on pourrait appeler ça danse. Danser c’est très près de la peau. » « Sur la vitre des crachats de pluie en forme de fatalité. Est-ce les mots qui entrent dans la vie, ou la vie qui entrent dans les mots ? » « Appliquées à raccommoder la langue-mère, vous avez dès l’enfance appris à broder, imiter, satisfaire, sublimer. » Isabelle raconte entre les lignes sa pratique de thérapeute « Je me réveille et je m’habitue, je n’aime pas m’habituer mais je m’habitue, vous me devenez familières, c’est évident, une à une très familières, tellement familières que soudain je ne me reconnais pas, ne me suis jamais aussi peu reconnue. Le printemps est là/ Remettre le disque à l’endroit. » « Le seuil de la cabane franchi vous n’osez pas m’approcher de trop près. La confiance ne s’accorde pas en un claquement de doigts, et la scansion bondit plus promptement que vos sourires qui essaient de m’apprivoiser. » « Mon écoute vous suivra bien longtemps après que vous ayez quitté la cabane. »

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Charla de Sombra lecture en trois langues

Lecture en trois langues du poèmes Charla de Sombra inspiré par les œuvres de l'artiste japonaise Keiko Mataki Keiko Mataki le 13 décembre 2025 à cette occasion j'ai également lu des extraits du récit poétique paru dans la revue Ecrits du nord des éditions Henry La rumeur libre éditions "Avec Keiko à Cuenca" écrit à l'occasion de la rétrospective des 50 année de création artistique de Keiko à la fondation d'art contemporain de Cuenca merci à Sama pour les photos et vidéo @sam.myoxymore à tous les amis présents Claudine BaissiereEmmanuelle Sarrouy NoguèsPatrick Aveline Poésie Thierry Offre

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