Sur la route en voiture

Mercredi 22 avril Hier soir nous avons loué une voiture, une Renault.  Nous prenons la route en direction de Priene. À première vue, les routes sont plutôt bien entretenues.  Suite aux fortes pluies du printemps une large partie de la route principale s’est effondrée.  Nous sommes détournés vers une route secondaire sans doute l’ancienne route. Les remblais du terre-plein ont raviné faisant s’écrouler le bitume sur plusieurs dizaines de mètres… paysage d’un autre temps avec tout le long de la route des amas de roches roulés par les eaux.  Le long de la route, des chiens errants. il est neuf heures du matin. Les écoles se sont remplies.  Nous croisons un site imposant nommé Galata où des cars conduisent les touristes pour acheter des pierres et des bijoux, des usines textiles notamment une usine affichent une célèbre marque de textile internationale, des usines de tannerie pour le travail du cuir.  Autour de nous, champs de figuiers, d’oliviers, les sols ont été hersés pour faciliter la pénétration de l’eau lors des rares pluies d’été. En cette saison tout est vert et dès qu’on sort des villes, les constructions devienne rares.  Sur les sommets des éoliennes, comme les moulins à vent des temps modernes sans grain à moudre.  Des genets sont en fleurs, accompagnés d’arbres de Judée dont la floraison est visiblement plus tardive ici que chez nous. Nous roulons tranquillement à 70 à l’heure, histoire d’apprivoiser la route pour cette première journée de conduite en Turquie.  C’est une autre forme de liberté, la liberté de s’arrêter ou de démarrer où et quand on veut; mais une voiture c’est aussi une contrainte, on doit toujours revenir à son point de départ. Et elles ne passe pas partout. Disons qu’elle est parfois complémentaire quand les transport en commun sont absents.  On ne peut tout faire à pieds.  Villages, mosquées,  un tracteur à l’arrêt sur le bord de la voie rapide. La route est large à deux voies et à double sens. Les véhicules successifs ont laissé des traces sur le goudron, comme des ornières, à croire que le revêtement n’est pas de bonne qualité… Un pauvre chien écrasé sur le bord de la route sans doute heurté de nuit. Nous sommes sortis de la plaine et entrons dans une région au relief de collines couvertes de pins. En dessous une rivière signalée par un alignement de peupliers annonciateurs de l’eau.  Entre les bois des cultures d’oliviers en terrasse sur des zones qui ont été défrichés. Un peu plus loin une carrière et une cimenterie, il faut bien alimenter les chantiers de construction qui couvrent le pays d’immeubles.  La route, le paysage sont assez austères par ici. On peut vite s’ennuyer. Les travaux fréquents : pelleteuses, bulldozers, rouleaux compresseurs réparent la partie de la route qui s’est effondrée. Ici le sol est fait de terre et de roche friable, qui s’éboulent facilement et conduisent l’administration à bâtir de grands murs de pierre contre les talus pour contenir le sol. La route par endroit semble…

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Temple des empereurs et Saint Jean l’apôtre

Mardi 21 avril Ephèse Après la visite du site d’Ephèse hier, un passage au musée archéologique s’impose. L’évolution technologique des dernières années a totalement transformé l’expérience muséographique. Dans ce musée c’est un réel progrès. Cela permet de visualiser les villes à l’époque antique et de s’en faire représentation en trois dimensions. le film réalisé avec des archéologues et des scientifiques est très précis. Il permet de se projeter et d’imaginer la ville telle qu’elle était il y a 2000 ans. Vraiment impressionnant. Les travaux ont été faits avec des équipes autrichiennes et allemandes très présentes dans les fouilles archéologiques en Turquie. Aphrodite 1 siècle BC Socrate 4 siècle BC Le musée propose de riches  collections : un bust de Socrate, sans doute imaginaire, Hadrien à plusieurs reprises,  un buste démesuré de Domitien qui fut plus tard frappé par la sanction l’effacement de la mémoire damnatio memoriae   J’en reparle plus loin. bustes d’empereur d’impératrice comme Livie, Auguste, Marc-Aurèle. Lysimaque général d’Alexandre roi de Thrace Et ces lieux de mémoire étaient aussi des lieux de pèlerinage religieux qui ont attiré de nombreux visiteurs vers Ephese, visiteurs illustres comme Cléopâtre et Marc-Antoine, mais aussi la sœur de Cléopâtre, rivale de la reine aurait été assassinée à la demande de Marc-Antoine.  C’est un des plus beaux musées d’archéologie que j’ai visité. Les visiteurs étaient finalement assez peu nombreux et moins nombreux que les gardiens qui nous suivaient de salle en salle.  comparé aux flots déversés par bus entiers hier sur le site d’Ephèse. Les tours operators,  les croisiéristes n’ont pas le temps de montrer ce musée à leurs clients.  L’industrie lourde du tourisme ne peut se disperser dans les détails et péripéties de l’histoire.    Aphrodite 2 siècle AD Bas relief en ivoire campagne de Trajan contre les Thraces Finesse des détails saisis dans l’ivoire Dans une salle secondaire une collection exceptionnelle de monnaie antique me retient plus d’une heure. À l’âge de 10 ans chez un antiquaire j’étais tombé sur le classeur de numismate. C’était la collection de sa fille dédiée à la monnaie française. J’ai été fasciné par l’histoire et la mémoire colportée par ses ronds de métal oxydés. Il me l’avait vendue pour 100 francs étonné de l’intérêt d’un enfant. Mon père m’avait offert la collection aussi amusé sans doute que l’antiquaire.  Ici à Ephèse : l’origine de la monnaie ou presque. La monnaie a été créé par le fameux crésus roi de Lydie au 6 siècle avant JC. Il est considéré comme le premier à avoir conçu une monnaie d’échange à partir du métal. Cela fut sa fortune. Les premières pièces d’argent étaient petites presque des billes.  Les pièces anciennes sont classées par siècles puis par règne des empereurs romains depuis Auguste jusqu’au dernier des byzantins et des pièces musulmanes. Une collection impressionnante qui ferait rêver bien des numismates.  La vie et la gloire de grands empereurs résumées en deux ou trois pièces d’argent ou de bronze à leur effigie. Nous sommes bien peu de chose à l’échelle de…

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Izmir 

19 avril J’ai eu beau retarder l’échéance, on a fini par arriver à Ismir. C’est notre jour de chance. Le premier dolmus que nous croisons à la gare de Phocée nous conduit directement à Izmir pour  250 livres. Entre Phocée et Izmir Izmir dans la gare d’Izmir nous sommes sans repère tant elle est immense et sans accueil. Nous cherchons le quartier de Konak. Peu d’indications pour s’orienter, un marchand de thé, nous oriente vers le bus 302 pour Konak.  une heure de trajet jusqu’à Konak.  Dans le bus nous réservons un hôtel et nous nous posons un moment. Devant le poste de police deux agents contrôlent nos passeports. C’est la première qu’on nous contrôle dans la rue après deux contrôles dans des bus. Quand nous interrogeons les agents sur la raison de ces contrôles ( le le demain de nouveau contrôle au même endroit) je policier nous explique que Konak est concentre de nombreux clandestins, candidats à l’exil qui risquent leur vie en Méditerranée et qu’ils essayent de les en dissuader.   Nous partons au hasard dans Konak et ses commerces Grossistes en pierre Et là, inutile de chercher l’ennui, tout est occupation pour le regard. l’énumération ne sera pas exhaustive, marchands de rubans, grossiste en pierres et perles, magasin de sacs proposant des copies de marques françaises et italiennes, marchands de jouets, fabricants de vêtements pour les mariages couverts de pierres, de perles pour les mariés les proches et pour les enfants. Des costumes incroyables dignes des contes des mille et une nuits.  Les allées du caravansérail sont aujourd’hui occupées  de restaurants et de cafés animés à tout heure de la journée, d’autant tant que nous sommes dimanche aujourd’hui, jour de repos. Les habitants sont de sortie en famille, en couple, entre amis. Nous ne sommes presque jamais sollicités par les marchands ou les restaurateurs à différence d’Istanbul, où la concurrence est rude.  je n’avais pas aimé le bazar d’Istanbul, il n’y avait que des boutiques rutilantes destinées uniquement aux touristes.  Nous déambulons avec un certains plaisir dans les ruelles et les magasins ouvrons grands les yeux devant chaque chose.  Après le tourbillon bon enfant du marché et du caravansérail, nous visitons deux mosquées du quartier Mosquée d’Izmir puis nous nous dirigeons vers une colline voisine dans  un quartier d’habitation pour voir la vue sur la ville. mais c’est surtout la pauvreté des habitations qui nous frappe et dans quelles conditions les habitants d’Izmir vivent en 2026 c’est tout simplement choquant. Les belles maisons sont rares Quelques-unes restaurées. ce qu’on voit surtout ce sont des ruines des maisons qui s’effondrent et de la misère. Dans les ruelles sinueuses des familles rentrent du marché les mains chargées de sac de courses. Les rues sont toutes touchée par le délabrement : maisons en ruines ou écroulées Nous parvenons à voir la ville de loin depuis une brèche dans le paysage urbain Vue sur Izmir depuis les hauteurs Le quartier n’a rien d’un quartier résidentiel d’une grande ville. Tout semble misérable,…

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On n’est jamais seul à Ephèse

Lundi 20 avril Départ en train d’Izmir à Selçuk ( Ephese) Gare d’Izmir La gare est proche, nous y allons à pied. Nous achetons les billets directement au guichet. Il reste des places. Le trajet est rapide. À 13h nous sommes à Selçuk. Trouvons un hôtel et posons nos sacs.  Arrivée à Selçuk Nous visitons le site d’Ephèse et le théâtre qui est en cours de rénovation. 3 immenses grues s’animent. On déplace des blocs de pierre pour reconstituer des gradins.  Grand théâtre d’Ephèse Dès l’entrée un bâtiment propose, comme à Istanbul, une reconstitution digitale avec présentation d’Ephèse et de l’Artemis d’Ephese.  Le public se masse devant l’entrée. Nous étions seuls au départ et nous retrouvons au milieu de groupes de croisiéristes. Spectacle en son et image sur projeté sur les quatre murs de la salle. C’est à la fois beau et décevant. Très hollywoodien. Beau parce qu’on peut se projeter et imaginer la ville telle qu’elle a été. Décevant parce que le public a besoin de bruit et d’images, un vrai péplum sans vraiment de détails historiques mais cela marque les esprits. Le site est hors de prix plus de 50€ par personnes. Le tourisme nouvelle vache à lait. La suite est plus classique mais exceptionnelle : la grande bibliothèque d’Ephèse, les maisons en terrasse et l’enchaînement des différents temples et bassins. Le temple d’Hadrien très bien conservé. Il ne reste presque rien du temple de l’empereur romain Domitien assassiné en 96 et frappé par le sénat de damnatio memoriae. Son temple a été alloué à Vespasien et toute trace de son règne effacée . Premier temple impérial construit à Ephese il donna un grand prestige à la cité.  bibliothèque d’Ephèse Le site est remarquable les groupes de croisiéristes défilent bruyamment. Difficile d’apprécier le lieu. Temple d’Hadrien Les riches maisons en terrasses Des maisons richement décorées ont été très bien conservées ce qui donne parfois à Ephèse le surnom de seconde Pompéi Paysage autour du site d’Ephèse Nous rentrons à pied à travers champs. Un peu de marche fera du bien après toute cette agitation. Plutôt que prendre le Dolmus. Quatre à Cinq kilomètres. Le chemin est fermé par une clôture. Nous contournons et nous perdons dans une ferme où les chiens se font menaçants. Un paysan nous indique le chemin pour rejoindre la ville. Un chien famélique mais sympathique nous a suivi depuis le site d’Ephèse jusqu’au centre ville. Compagnon de fortune dans notre long retour à pied. Nous n’avons rien à lui donner à manger. Arrivé en ville, méfiant, il fait demi tour… il fait de la peine ce pauvre chien le ventre creux. Site d’Ephèse Le soir, nous ne parvenons pas nous à décider au sujet de la prochaine destination,  comme dans une impasse. les bus ne permettent pas de visiter facilement les prochaines étapes que nous souhaitons voir.  Je n’arrive toujours pas à retirer de l’argent au distributeur avec ma carte, non pas que ça m’inquiète, mais c’est un peu gênant pour les dépenses quotidiennes. Nous…

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De Phocée à Marseille

Je n’étais pas motivé pour aller à Izmir, la capitale régionale, grande métropole. J’ai préféré faire un crochet par Phocée la ville d’où sont partis les navigateurs fondateurs de Marseille. Après un trajet en bus et un changement nous sommes arrivés hier soir. Phocée est aujourd’hui une petite ville de plaisance avec un vieux-port, ses bateaux de pêcheurs et autour sur les hauteurs, des villas pour les vacanciers. beaucoup d’espaces encore sauvages tout autour pour aller marcher. Le port de Phocée Pas très loin d’ici l’île grecque de Chios où nous étions allés passer une semaine depuis Athènes en 1999. C’est dans ce bateau que Dimitri notre second fils a fait ses premiers pas.  Moulins restaurés sur les hauteurs de Phocée Phocée, un port très agréable, calme surtout en cette saison. Peu de touristes hormis le samedi soir. Pas croisé d’étrangers. Les bateaux sont tous à quai. Le vent est fort. Les pêcheurs sont rentrés ils déballent et rangent la pêche du jour. Loups daurades… Retour de pêche Sur les quais de nombreux bateaux proposent des excursions en mer dans les îles voisines pour se baigner et voir les phoques moines qui ont donné leur nom à la ville. Fokia ou Foça. Le symbole de la ville de Phocée Les marseillais en quête de leurs origines peuvent venir ici à Phocée retrouver le point de départ des marins qui il y a 2600 ans, ont risqué leur vie pour fonder la colonie de Massalia.  c’est une ville de villégiature des habitants de la région d’Izmir.  ils viennent en vacances l’été ou passer un week-end aux beaux jours. Ses restaurants de fruits de mer, ses cafés ses vieilles ruelles avec des maisons grecques et ottomanes ont un charme particulier.  Maisons du 19 eme siècle Et puis la mer, son bleu inimitable… Se dire que des marins ont voulu partir de ce qui était déjà une colonie pour fonder de nouvelles colonies. À l’époque déjà la menace de l’envahisseur perse  sévissait et les phocéens par anticipation cherchaient de nouvelles terres plus sûres pour s’établir.  Outre les difficultés de la navigation, les risques de tempête, la sécurité devait être bien précaire à l’époque et les pirates nombreux. Reproduction de navire grec antique il fallait sans doute que le péril soit grand pour se lancer dans de telles aventures.  les bateaux étaient longs, c’était des penteconters, navires grecs de guerre de 50 rameurs, 25 de chaque côté. ils mesurent de 25 à 30 mètres de long et étaient également équipés d’un bélier à la proue pour le combat et d’une grand voile pour naviguer avec le vent. Herodote évoque dans son histoire les talents de navigateurs des Phocéens. c’était avant tout des vaisseaux de guerre qui permettaient de lancer des explorations lointaines.  Dans une place de la vieille ville, sous une statue de métal qui représente un coq, une plaque explique en turc que les fondateurs de Marseille auraient emporté avec eux des statuettes religieuses de coq.  Le coq était aussi présent sur les…

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L’expérience du hamam

17 avril  Si comme moi vous vous demandez en quoi ça consiste et si ça vaut vraiment la peine, lisez ceci et n’hésitez pas un instant.   l’an dernier à Istanbul j’y suis allé en me forçant et n’ai pas eu une très bonne expérience, c’était un hamam très fréquenté par les touristes et cher, tout était fait à la chaîne et de manière assez sommaire, le massage s’apparentant à de la boxe, je n’avais qu une hâte : sortir au plus vite de là et à la sortie, même pas de repi, tout le monde venait demander avec insistance son bakchich… Ici en fin de matinée, sur le conseil du gérant la veille, on est seul, seul dans le sauna, seul dans le bain turc. Pendant que Flo était au bain je patientais en suant à grosse goutte dans le sauna puis le massage : une femme turque me masse très lentement, un massage plutôt reposant.  Au milieu du hamam, légèrement surélevé, un grand plateau de marbre gris clair. Le personnel vous invite à vous allonger juste couvert d’une serviette autour de la taille.  Le hamam du vase hamam küplü Le bain en gros c’est du gommage, on vous frotte la peau sous toutes les coutures, avec une sorte de gant de grosse étoffe ou de crin de cheval. Vous êtes allongé sur le marbre blanc ça arrache les peaux mortes et après on vous lave à grande eau chaude lancée avec une écuelle ou carrément un seau. Après une bonn quart d’heure d’astiquage vous êtes conduit un peu étourdi entre les mains expertes de la masseuse. Vos muscles et nerfs aussi tendus soient-ils se relâcheront. La masseuse n’appuie pas trop fort, c’est un massage tout en douceur et tant mieux. En  synthèse le hamam  c’est vingt minutes de sauna bien chaud  pour transpirer. Ensuite le gommage 15 à 20 minutes. On vous arrache délicatement la peau et enfin plus d’une heure de massage avec des huiles et retour au bain turc : on est débarrassé des huiles sur le corps et lavé avec de la mousse, sensation assez onctueuse et puis de grands seaux d’eau chaudes, versés sur la tête et le corps pour rincer.  Pour Flo c’était une femme pour moi c’est un homme qui fait le gommage. On a droit à un second massage plus puissant, ça pince un peu au niveau niveau des nerfs, des jambes et du dos sur les points de tension nerveuse. Et j’en ai toujours en réserve. ça tire ca fait mal et je serre les dents quand il appuie sur la plante des pieds ou les muscles des cuisses ou le haut du dos. Pour terminer on sort pour avoir droit à une tasse de thé un peu chancelant mais reposé et détendu quelle expérience exceptionnelle au total sera aura duré près de deux heures. Nous sommes arrivés au hammam juste avant midi… Hamam küplü de l’extérieur Florence a été massée par une femme ouzbèque et lavée par une ougandaise. …

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La basilique rouge

17 avril, déjà vendredi il fait presque froid ce matin le ciel est couvert et un vent frais souffle. Toujours cette odeur de charbon brûlé dans l’air On brûle du lignite pour se chauffer et alimenter les centrales électriques… Parmi les boutiques ont dénombre beaucoup de joailleries de coiffeurs de restaurants des banques des quincailleries et des pharmacies.   la basilique rouge est en restauration. des palissades assez hautes disposées par le ministère du tourisme m’empêche de la voir.  que nous réserve ce site ? Il était à l’époque romaine dédié aux divinités égyptiennes, puis il fut converti en église. Par un portail métallique je peux jeter un œil sur la basilique et c’est superbe. On peut voir une divinité égyptienne mi humaine mi animale sur un socle de marbres blanc. Probablement la déesse Isis  Basilique rouge statue de divinité égyptienne Des vestiges à Pergame, il y en a partout, il suffit de gratter un peu le sol,  en couchés nombreuses ils se sont superposés au fil des millénaires alors il ne faut certainement pas aller bien loin pour ramasser une pièce de monnaie ou un bout de sculpture Je me faisais la réflexion suivante ce matin : quand on dit les guides ou les livres d’histoire on ne nous parle que des rois et les autres, les simples habitants quand sait t’on? Les historiens ou historiographes officiels se sont concentrés sur les puissants, ceux susceptibles de les entretenir. Quel souvenir garde-on des simples? comment vivaient-t-il les paysans, les artisants? En lisant les auteurs de théâtre ou les poetes on en apprend plus. Comme les pièces de l’auteur latin Plaute. On se souvient des médecins comme Galien, qui ont laissé des traces et des écrits.  on se souvient des poètes des philosophes, ceux qui écrivirent.  L’écrit laisse la trace. par l’écrit on donne vie à ce qui ne laisserait pas de trace Au bord de la rivière récemment réaménagée des mûriers ont déjà leurs fruits. Les ponts romains qui enjambent le fleuve côtier ont été restaurés l’an dernier. Les vieux ponts toujours debout au-dessus de la rivière, j’en ai dénombré trois dans la ville.   On a planté des arbres le long des quais, des figuiers, des pommiers des abricotiers des arbres fruitiers. C’est bon signe cela montre que la Turquie pense à son avenir  les arbres fruitiers, sont la vie. Je pense à tous ceux chez nous qui s’agitent à tous ceux qui s’époumonent à tous ceux qui brassent de l’air à tous ceux qui invectivent et s’invectivent… Depuis le pont j’ai une vue magnifique sur la basilique rouge. La basilique rouge vue du pont opposé Je suis juste sous le site de l’acropole, ici, se tenait une immense cité, capitale de la province d’Asie de l’empire romain, une capitale importante, commerçante lieu de pouvoir et de richesse et de culture, avec une bibliothèque qui rivalisa avec avec Alexandrie à tel point que le roi d’Égypte Ptolémée Epiphane interdit l’exportation de papyrus.  qu’à cela ne tienne ! un des…

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Pergame Galien fondateur de la pharmacie

Jeudi 16 avril Nous visitons le sanctuaire d’Asklepios (Esculape),  site de soins tres couru dans l’antiquité où exerçait Galien (Galenos) un grand médecin de Pergame, pionnier en son temps de la pharmacie et de la médecine  Sculpture en hommage à Galien Site vraiment intéressant, même si les vestiges visibles sont limités, on peut imaginer sa splendeur passée. Temple de Zeus Esklepion, théâtre, bassin et source sacrée.  Le ciel est couvert, il fait frais, le pull se supporte très bien. Nous croisons un groupe d’Américains, accompagnés de deux guides, qui prêchent. Ils reprennent le thème du soin et de la souffrance des autres pour parler de religion. Le Christ est mis à toutes les sauces. Le groupe réunit des américains de tous âges, tous munis d’un carnet où ils prennent des notes assidûment. Ils portent tous le même petit sac sur le dos. l’obscurantisme gagne les États-Unis. C’est préoccupant. Quand on voit comment ils agressent et bombardent l’Iran ils feraient mieux de s’occuper d’eux-même  En deux générations le monde a basculé de démocratie laïque reposant sur le droit international à des états de plus en plus autoritaires proches de la tyrannie, où les droits fondamentaux sont limités sous couvert de religion.  démocrates du monde entier, inquiétez-vous et défendez vos droits  l’Iran aux mains des Mollahs , la Turquie, aux mains d’un régime de plus en plus religieux, les États-Unis aux mains d’un président qui se prend pour Dieu. Le mot d’ordre surtout faites des affaires et vous préoccupez pas de politique. Nous rentrons vers le centre-ville à pied et traversons un quartier habité par des Roms de Turquie. Ils sont nombreux dans les quartiers périphériques de la vieille ville. Les femmes ont le teint plus mate et la tenue caractéristique. La Turquie s’enrichit et beaucoup de ses habitants sont pauvres. Visiblement la richesse n’est pas partagée. Tout ici est de bric et de broc. Nous sommes en marge dans ces quartiers qui ne profitent pas du Développement Urbain.  Nous y croisons tout un attroupement d’enfants, ils énumèrent leur prénom. Les garçons sont sur des vélos.  une douzaine de garçons et de filles entre cinq et 10 ans viennent nous dire bonjour, ils sont tout content de se présenter de nous serrer la main, ils rigolent, on les salue et on continue notre chemin. Le chemin contourne la ville, nous sommes juste en dessous de l’Acropole de Bergame. Ici on surplombe la rivière, le pont  de pierre et la basilique rouge.  La brume se mêle au ciel on distingue la silhouette de l’île de Lesbos dans des vapeurs laiteuses au dessus  de la mer Égée qui nous sépare des îles grecques.  La grève continue, la fièvre aphteuse qui touche le cheptel de l’île a obligé les vétérinaires à abattre plus de 2000 têtes de bétail. les agriculteurs en difficulté bloquent tout commerce maritime à la sortie de l’île depuis hier matin. Je ne sais pas si nous pourrons aller à Mytilene les nouvelles que l’on lit dans la presse ne sont pas…

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Bergame

Mercredi 15 avril Nous quittons la sympathique pension de Monsieur M notre hôte kurde. Son fils O 27 ans est architecte. Il a dessiné et conçu la pension de huit chambres. Tandis que son père et ses oncles l’ont construite. Hier soir je vois sur le sol des plaques de ciment en train de sécher. Ossman que j’interroge m’explique que ce sont des couvertures que son père posera au-dessus des murs, c’est plus esthétique et cela les protège en fabricant soi-même leur matériaux en taille les pierres, ils ont pu construire cette maison. j’ai suggéré hier à Ossman en lui montrant des photos de racheter une des vieilles maisons des plus pittoresques qui est en vente pour en faire une auberge.  Leur maison est juste à côté d’un autre immeuble récent. Elle est à la limite de la partie neuve de la ville ensuite commence l’enchaînement des vieux quartiers semés de maisons en ruine. Nous prenons un café et avalons une orange avec une galette de pain au sésame. . Le père Akan nous conduira en voiture jusqu’au ferry. Il nous montre sa note sur le site de réservation; nous lui faisons un signe de la main pour lui dire que nous mettrons une bonne note Florence ouvre grand les deux mains pour signifier 10.  Nous sommes dans sa voiture avec une autre voyageuse qui part vers Izmir. Elle est turc de Constantinople, elle parle allemand, me demande de lui descendre dans l’escalier son bagage qui est lourd. Une  autre personne touchée par l’actualité. Elle vit depuis 20 ans à Abou Dhabi. Son vol a été annulé elle est bloquée en Turquie et voyage en  attendant de pouvoir retourner chez elle  à Dubai. je lui demande comment est la vie là-bas. elle me répond que elle était très bien jusqu’au mois dernier. maintenant, tout le monde veut partir. Comment la guerre encore bouscule le destin des hommes et des femmes. Nous  n’en saurons pas plus beaucoup plus. Nous arriverons rapidement au ferry. Et part ensuite vers la gare routière.  La route passe juste derrière la maison d’Akan longe la Crète de la colline. Nous n’avons pas même pris le temps la veille de nous élever de quelques mètres pour voir la vue magnifique sur les îles et la mer. Nous marchions vers le centre ville en contrebas. C’est ici un autre univers. En quelques minutes, nous sommes sur le quai et Akan nous salue d’une poignée de main de maçon, le regard franc un peu triste et lointain, chargé d’émotion. on se salue, on se remercie du regard pas un mot commun, on sait à peine dire merci en turc . Merci qui n’est pas simple. Lui ne parle pas un mot d’anglais. Nous arrivons au poste de douane pour prendre le bateau de 9 heures. Nous sommes en avance nous attendons.  Un employé nous dit que nous ne pouvons pas rentrer, nous patientons un peu, je redemande, on nous annonce une une grève, je pense que c’est une plaisanterie.…

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À Ayvalik on tourne

Mardi 14 avril, notre hôte A… me montre une image de son village kurde de M… avec une église. Je lui demande s’il est chrétien il m’explique que la famille du côté de sa mère était d’origine chrétienne de Syrie, et me fait le signe qu’ils ont été tués. Difficile de communiquer avec lui il utilise difficilement le traducteur de son téléphone. On sent qu’il est empli de nostalgie de sa région d’origine.  Il nous offre un café sur la terrasse.  nous visitons ensuite les églises grecques transformées en mosquées. Église d’Ayvalik devenue mosquée Un minaret flanqué devant le fronton de l’église, et voilà comment un lieu de culte orthodoxe devient musulman. La pierre est la même : un gré rose taillé en colonne. la mosquée semble fermée, je n’entre pas. Un vieil homme s’adresse à moi en turc , il a perdu visiblement la tête. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit. Il poursuit son chemin et ses invectives… Le quartier dans lequel nous logeons est presque à la périphérie de la vieille ville. Il compte de nombreuses maisons abandonnées et où en ruines et insalubres que personnes ne voudrait habiter.  Nous arrivons dans le centre de la ville, de belles maisons grecques, moitié en ruine sont à vendre à qui voudrait les restaurer et leur redonner l’ éclat d’hier. commerce, restaurant, atelier chacun trouvera sa place. Je me pose à la terrasse d’un café pour prendre un pain fourré au fromage et un çai. sur la place une statut de cheval entourée d’enfants et tout autour des boutiques : un primeur avec ses étals colorés de légumes qui donnent envie de cuisiner, une boulangerie, une droguerie  Place d’Ayvalik et ses commerçants les pneus d’une camionnette crissent sur les pavés dans une manœuvre pour contourner une voiture qui stationne au milieu de la place. Le tout sans énervement. Il fait beau en ce milieu du mois d’avril, le ciel légèrement couvert ne fait pas trop chaud  Des bureaux d’administration sont ouverts. on ne sait pas trop ce qu’ils font. Ils sont nombreux dans la villes. partout des drapeaux avec le croissant de lune blanc et l’étoile sur fond rouge. les tables de la terrasse où nous nous sommes installées sont multicolores. Le Serveur nous accueille avec le sourire, je croise un vieil homme casquette sur la tête, fine moustache qui traverse la place. une marchande accroche des vêtements orientaux scintillants aux baleines d’un grand parasol. Elle a les cheveux décolorés presque gris, une allure très européenne; elle vend des antiquités de vielles pièces en bois des peignes à fruits en forme de pieds ou de main.  Sa boutique sent la poussière le vieux coton, elle vend des tissus des antiquités, tout ce qui peut intéresser un visiteur en quête de souvenirs de vieux et d’histoire à raconter. Une vraie boutique de souvenirs qui ne vend rien provenant de Chine, que des produits locaux, récents ou anciens.  La mosquée à l’horloge, ancienne église  du XX siècle transformée en…

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