lecture du livre d’Isabelle Alentour aux Editions Les Lieux-Dits


Je lis et relis ce livre, du début à la fin, de la fin au début. Il ne se livre pas immédiatement. Ecrit pendant la période du confinement, publié en 2025, c’est un des plus beaux textes d’Isabelle, d’une grande densité poétique, sans doute celui qui me touche le plus, qui me parle. La recherche des mots, les images, une part de mystère, une forme de réflexion sur ce qui nous entoure.
« Allongée au ras des pâquerettes, trèfles mâchouillés jusqu’à l’acide, orteils malaxant un poème terreux. »
« Le corps on y pense peu, il est comme l’air, comme la terre. On l’habite sans y réfléchir, on s’y confond, il n’est pas là. »
« Apprendre de son corps l’élan qui délivre, on pourrait appeler ça danse. Danser c’est très près de la peau. »
« Sur la vitre des crachats de pluie en forme de fatalité. Est-ce les mots qui entrent dans la vie, ou la vie qui entrent dans les mots ? »
« Appliquées à raccommoder la langue-mère, vous avez dès l’enfance appris à broder, imiter, satisfaire, sublimer. »
Isabelle raconte entre les lignes sa pratique de thérapeute
« Je me réveille et je m’habitue, je n’aime pas m’habituer mais je m’habitue, vous me devenez familières, c’est évident, une à une très familières, tellement familières que soudain je ne me reconnais pas, ne me suis jamais aussi peu reconnue.
Le printemps est là/ Remettre le disque à l’endroit. »
« Le seuil de la cabane franchi vous n’osez pas m’approcher de trop près. La confiance ne s’accorde pas en un claquement de doigts, et la scansion bondit plus promptement que vos sourires qui essaient de m’apprivoiser. »
« Mon écoute vous suivra bien longtemps après que vous ayez quitté la cabane. »
