15 octobre
Joie de reprendre le chemin du voyage après une courte nuit ; à 2h30 je n’arrivais plus à dormir. À 3h30 j’étais debout. Suis parti de la maison à 4h30 en taxi. Cela m’a coûté 100€
J’ai longuement discuté avec le chauffeur. Il m’a raconté sa vie.
Diplômé en droit il a enchaîné les petits boulots en cdd pendant des années puis a travaillé dans la banque, cela ne lui plaisait pas. Il a été d’abord embauché à la société générale puis débauché par une banque concurrente. Il était mieux payé mais la culture du chiffre ne lui convenait pas. Il s’ennuyait rechignait à la tâche. Il a été licencié après une dépression et un arrêt maladie et s’est installé comme taxi. Marié avec deux enfants il travaille dur comme taxi ne compte pas ses heures et apprécié la liberté tout en regrettant avec le recul le confort et les avantages d’une vie de salariés. Chaque année ils partent voyager à l’étranger avec leurs enfants. En 30 minutes une vie se dévoile.
L’avion vient de décoller pour Amsterdam, nous survolons les habitations dans la nuit, les files de voitures, blanc et rouge, dessinent des boucles, se croisent …
j’ai l’impression de voir le cheminement de fourmis qui avancent et creusent un sillon dans le sable. Mouvement dérisoire des humains qui à 6h30 sont déjà en route pour se rendre au travail. Le trafic est déjà dense sur Marseille. 6h30 à peine, des milliers de voiture se mettent déjà en mouvement pour traverser la ville et ses encombrements titanesques. Les grands sites industriels commencent à 7 heures le matin. Nous survolons l’étang de Berre. Des brumes et des nuages masquent une partie des constructions industrielles. Quelque part à l’horizon, dans l’anthracite du ciel encore plombé, une trace colorée indique un sentiment de l’aube. Réguliers, fluides en mouvement, les véhicules quittent les maisons, prennent place sur les autoroutes et les voies rapides pour gagner les lieux de travail.
Les grandes cités ressemblent à une fournaise, en dessous, en combustion les éclairages publics les lampes au sodium orange au saumon dispersent et diffusent une lumière de braise dans la ville puis vient la grande solitude de l’étang : en dessous un miroitement confus à la surface des eaux.
Escale à Amsterdam, tour de contrôle dessinée dans la lumière du levant, tout autour les immenses pelouses. traces des véhicules de tonte. Je cherche les terriers de lapins comme à Roissy-Charles-de-Gaulle. Ici le flux des voitures semble discontinu. De jour la perception des véhicules est différente, plus naturelle. ils vont vite, passent sur l’autoroute sous l’avion. Un avion au-dessus des voitures, je n’avais jamais vu ça… des immeubles des immeubles et des immeubles voici les Pays-Bas. Les canaux sont toujours là pour évacuer le trop plein d’humidité vers la mer.
Une fine humidité du levant flotte littéralement au-dessus des pistes d’atterrissage. Pourquoi ne dit-on pas piste de décollage? ici partout des coques bleues sur le dessus blanc sur le dessus: un parking rempli d’avion de la KLM : des Cityhopper ces petits requins ou thons urbains qui sautent de ville en ville.
Cinq heures à patienter ici. En attendant la correspondance pour Osaka. Mon premier vol pour le Japon, c’était en 1988.
