Chasseur d’insecte et renouvellement de l’habitat japonais

1 novembre suite J’ai rencontré un monsieur d’une quarantaine d’années avec son petit garçon armé d’une épuisette et d’une boîte spéciale : il chasse les insectes et soulève des pierres du jardin. Ke père m’explique que la route actuelle du pèlerinage ne correspond plus à l’ancienne route. Il y a 100 ans, elle passait à quelques mètres de là, au milieu de propriétés. Il me montre l’ancien chemin. Je lui demande si je peux passer, il me dit non que c’est encombré d’arbres et de tombes dispersées maintenant, il vaut mieux passer par la route. Je suis surpris qu’il ait eu envie de m’expliquer l’ancien itinéraire qui passe au milieu de propriété privé aujourd’hui. Sa maison borde le sentier du pèlerinage.  Le temple 67 est désormais tout proche, il est bientôt 11 heures. Cela fait plus de trois heures que je suis parti. Après une bonne pause chez mes amis Oonishi et Ugawa je poursuis en direction de la mer.  Je croise plusieurs haltes pour les pèlerins avec boisson en libre service, prise pour recharger son téléphone ou tout simplement une chaise pour s’assoir. Dans un abri de beaux moulages en plâtre avec grues japonaises et tigre accueillent le pèlerin Au temple Daikoji le 67. Lieu paisible avec un très beau jardin. Dans le hondo, temple principal, une cérémonie de commémoration familiale a lieu, visiblement suite à un deuil ou en souvenir d’un disparu. Devant le temple un rassemblement de paires de chaussures... À l’intérieur une vingtaine de personnes vêtues de noir sont assises tandis que le prêtre récite ses sutras et frappe ses instruments à rythme régulier.  Je distingue dans la pénombre plusieurs générations, il y a des personnes âgées, des adultes, des jeunes adultes et des enfants. Des  enfants s’essuient les yeux du revers de la main. Un adulte aussi, je suppose qu’ils pleurent un ou une proche. C’est aussi la vie des temples. Les pèlerins passent. Les habitants du lieu vivent et meurent. Nous sommes dimanche, beaucoup de pèlerins, le chapeau comique de bambou tressé à l’air tout neuf. Ils l’ont acheté spécialement pour l’occasion et sont de sortie le dimanche.  Ce sont des pèlerins occasionnels venus pour la journée. Certains en groupes organises.   Le groupe des pèlerins est parti, il ne reste que cette famille qui pleure un proche et le prêtre qui les aide à accepter ce deuil, à accepter la disparition d’un père d’une mère, d’un grand-père d’une grand-mère, moment douloureux, mais les mots permettent d’exprimer la douleur et de mettre un sens sur la disparition d’une personne, sur son passage sur terre, de donner un sens à la mort et surtout de donner le courage à ceux qui restent de continuer à vivre.  Le métal émet un son lugubre. Le moine frappe le bronze qui résonne encore. trois nouveaux pèlerins sont arrivés. L’activité reprends avec calligraphie, tampon sur les livres des pèlerins. L’assistant du moine a repris ses pinceaux de calligraphie, tandis que le moine vêtu d’or et de violet,  poursuit ses…

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Un train au sommet d’une montagne et un café au coin du feu

Dimanche 1 novembre Nuit dans un ancien wagon lit de la compagnie ferroviaire « Enronoeki »Monsieur Masaki est un étonnant personnage, passionné de chemins de fer, il a sauvegardé deux Wagon-lits de la compagnie nationale qu’il a fait transporter sur une remorque et dans un ferry jusqu’ici. Ce sont les deux derniers wagons-lits de cette époques existants. Tous les autres ont été envoyés à la ferraille. Il les a rénovés et aménagés pour accueillir les pèlerins ou des amateurs de trains. L’endroit est surprenant, c’est vraiment une très belle installation. Il n’est pas très vigilant sur le ménage, c’est un petit peu dommage pour des personnes sensibles sur ce sujet, cela peut être gênant, mais s’il fallait dormir sous la tente au milieu de la montagne on ne se préoccuperait pas d’un peu de poussière. Alors la nuit venue on ferme les yeux et on dehors. Après la journée de marche d’hier dans la forêt, j’étais bien content de dormir à l’abri, même sur une couchette, même s’il faisait frais, à peine une dizaine de degrés dans la chambre. Je me suis couvert de ma veste pour rester chaud sous la fine couverture. Le train de Masaki San Au petit matin il nous a fait la surprise de nous montrer le fonctionnement des annonces passagers dans le  wagon, le tableau d’affichage des destinations qui est un film qui se déroule mécaniquement ( on est loin du tout digital ) et puis l’ouverture des portes. Il nous propose de faire l’annonce au micro. Un Japonais qui est arrivé tard hier soir spécialement pour dormir dans le train a bien préparé son discours, on dirait un vrai conducteur de train japonais. Il énumère la destination, les correspondances, l’heure d’arrivée.  Je me livre à l’exercice en japonais, à peine réveillé, un peu plus laborieusement, mais m’en sors pas trop mal.  Un passionné de train vivant sa passion Je discute ensuite avec Masaki san, il me montre le site Instagram de cet étonnant hôtel. Il m’explique qu’il est aussi cultivateur, il réalise des clonages d’orchidées dans un des chambres du train aménagée avec une lumière rouge. Avec des espèces de flacons où flottent des embryons d’orchidées dans une gelée. Il a un petit côté savant perdu dans son monde, très réservé. Il parle très peu, il faut le soliciter pour qu’il s’exprime. Il nous fait visiter sa serre d’orchidées et m’explique que ces plantes sont mellifères et émettent des odeurs qui attirent les abeilles. C’est un passionné, un poète dans son style.  Au Japon, où tout est conformisme, on trouve des originaux d’une très grande originalité. Il faut une sacrée personnalité pour casser les codes. En dehors des sacs poubelle en attente d’être portés à la déchèterie, il a sûrement peu de moyens, le coût de la nuit est dérisoire. il vit avec un chien shiba inu  qui a l’air assez agressif et six chats dans la solitude des montagnes. Les hivers doivent être difficiles. Le Japonais à repris sa voiture. L’américaine Maria à repris sa…

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