Une église au milieu des temples/ craquer pour une pizza

Dimanche 25 octobre

 Nous croisons nous croisons un père, la quarantaine et son fils d’une dizaine d’année. Ils promènent leurs deux petits chiens, qui viennent renifler nos mains et se laissent caresser. Je demande au père si c’est une journée de repos pour lui, il me dit que non, il travaille, il a un atelier de peinture de voitures. Il promène les chiens avant d’aller travailler et son fils part jouer au basket. Il me demande si nous sommes pèlerins, il nous salue. Cela se console peut être un peu. La fatigue se lit sur son visage malgré sa jeunesse. 

Aujourd’hui anniversaire de Matthieu, notre fils aîné a 30 ans. il y a 30 ans, c’était aussi la pleine lune, il donnerait des petits coups de pieds dans le ventre de sa mère, il était pressé de venir au monde. Quelques jours plus tôt nous étions aller écouter un opéra … 

Pour éviter d’arriver de nuit après une longue journée de marche comme hier nous sommes partis à 7h30 ce matin. Levé à 6h petit déjeuner et départ. Les sacs sont assez vite faits. Faute de mieux nous avons dormi dans ce que les Japonais appellent un business Hotel. j’avais une certaine réticence à l’idée, mais c’est un endroit absolument accueillant, construit dans les années 80, un peu vieillot,  pas super propre, mais tenu par deux dames absolument adorables, une mère et sa fille d’une gentillesse inouïe. à peine arrivés de nuit avec nos lampes frontales elles sont venues à notre rencontre. Elles s’inquiétaient de notre venue tardive dans la nuit. 

Elles ont ensuite réservé pour nous une nuit dans le temple 58 elles se sont occupés de nous avec beaucoup d’attention alors qu’elles étaient en train de servir le repas. 

Elles ont également appelé la propriétaire de l’auberge où nous avons dormi la veille pour la rassurer. J’avais oublié 16 000 ¥ en espèces dans la chambre. Cette dernière la fait l’aller retour en voiture pour les apporter au business hôtel.

Au programme d’aujourd’hui 5 temples 20 km environ 

Après le petit déjeuner copieux nous marchons d’un bon pas et enchaînons les kilomètres. 

Traversons des villages de maisons anciennes en parties abandonnées 

Une maison dès qu’elle a perdu ses occupants, cela se voit. Le premier signe est la présence de fleurs et d’herbes qui librement exultent dans l’espace laissé libre. Un foisonnement végétal envahit les cours et rapidement couvre les murs jusqu’au toit.

Après deux heures de marche le long des rizières et des forêts ou à travers des villages nous arrivons dans la ville d’Imabari. Une boutique éphémère bradé des articles d’artisanat décoratif. Tout est magnifique. Nous aurions bien acheté des paravents et toute sortes d’objets à offrir mais ils ne sont pas en mesure de nous les expédier. Nous achetons 4 poissons que l’ont fait flotter dans le vent pour remplacer les nôtres déchirés par le mistral… Un pour chaque enfant. 

Flo après une semaine de nourriture japonaise se laisse tenter par une pizza. Arrêt dans une pizzeria. Nous commandons une Margarita que nous mangeons assis sur un banc devant la pizzeria. La saveur sucrée de la sauce tomate nous rappelle la maison.

Une heure de marche, visite d’un temple, rituels, quelques photos, des rencontres, puis nous repartons. Nous devons être au temple avant 17h après l’accueil est fermé. 

Visite d’une église au bord du sentier dans un village. J’ouvre la porte par curiosité. Une femme m’accueille, je lui demande si nous pouvons entre une minute. Dans l’église des écrits en hébreux partout sur les murs. Un instant je pense à une synagogue mais la croix a l’extérieur indique que nous. 5 femmes sont en pleine répétition des chants de Noël accompagnées au piano. L’intérieur de l’église est boisé, chaleureux. Moment inattendu d’émotion sous l’effet de ces très belles voix et de la surprise.

Le cadre est magnifique. Église chrétienne anglicane perdue au milieu des rizières, les yeux un peu humides nous refermons cette porte et reprenons notre cheminement le long d’une rivière. 

Nous arrivons au temple Eifukuji n 57, après 16 km de marche. On raconte qu’on peut atteindre le satori ou l’état d’illumination bouddhiste en marchant sur le pèlerinage. Je me dis un instant que le satori est peut-être l’état causé par la sécrétion continue d’endorphine, après un exercice physique d’une si longue durée. Le pèlerin est en état de grâce tout simplement parce qu’il fait un exercice physique d’une grande intensité. On n’a rien inventé d mieux pour se sentir bien que la marche. De là à atteindre l’état de bouddha… qui sait 😀

Conclusion : marchez, ne vous poser pas de question. 

Arrivés au temple numéro 58 après une journée de marche et une bonne transpiration. 250 mètres de dénivelé pour atteindre ce temple perché sur une petite montagne.  L’air est très humide. Je fais sonner la cloche de bronze, vibrations profondes la cloche entre en résonance. C’est là que nous allons passer la nuit. Il est 15h45 nous aurions largement le temps d’aller au temple suivant, mais nous allons faire une pause. La pluie annoncée aujourd’hui n’est pas venue. Équipés pour la pluie nous avons marché quasiment toute la journée à découvert.  Content d’être arrivé là avec une bonne condition,  bonne respiration. C’est un pur bonheur.

Un éclairage automatique se met en marche. La vibration de la cloche s’est éteinte doucement. Les jambes sont un peu raides nous commençons à supporter la fatigue.  Sept journées de marche continue avec une moyenne de 20 km. Autour de nous l’humidité de l’air des chants d’oiseaux japonais familiers.  Ici des logements sont prévus pour les pèlerins y a même des paniers de basket et une balançoire pour les enfants. Le lendemain j’ai compris que ce sont les petits enfants du moine du temple qui y jouent.  la vue sur la mer en contrebas est imprenable, surtout après trois jours de marche au niveau zéro. Les moines choisissaient bien leurs emplacements pour construire les temples. Je brûle un peu d’encens et fais un vœu dans le temple. 

Nous avons acheté de quoi manger pour ce soir. comme nous avons réservé tard pas de repas possible. Nous discutons avec un couple de jeunes retraités allemands qui visitent le Japon en mini camping car. Ils voulaient découvrir l’expérience d’un temple et ont réservé depuis plusieurs semaines. Lors d’un de leurs déplacements ils ont roulé sur une portion de route spécialement aménagée avec des rainures particulières sur le bitume. Si l’on respecte la vitesse de 50 km le frottement des pneus sur le bitume émet une mélodie. Idée lumineuse des Japonais pour inciter les véhicules à rouler lentement sans verbaliser. Ils nous font part aussi de leurs enthousiasmes et déceptions comme tous les nouveaux visiteurs de ce pays si atypique. A 21 heures nous dormons