Mercredi 28 octobre
Nuit passée dans le Minshuku Ishizuki Ando tenu par Hisato San un agriculteur. Grande maison traditionnelle avec de nombreuses chambres. Juste au milieu de son exploitation.






Après les 12 heures de marche exténuante d’hier, bain, lessive, préparation de la journée du lendemain et au lit. La nuit est d’un calme absolu.
Ce matin les températures ont nettement faibli. L’automne arrive. On sort la polaire.
Nous croisons dans la cuisine un néo-zélandais qui part pour l’ascension vers le temple 60 que nous avons faite hier. Randonneur récidiviste il nous parle d’un chemin de randonnée qui m’intéresse : le chemin Lycien en Turquie.
Au programme d’aujourd’hui les temples 61 à 64 puis trouver un logement pour les prochains jours et retrouver une amie américaine rencontrée lors de mon premier passage sur le Shikoku en 2024.
Nous repassons devant la maison de celui que nous avons appelé hier le fantôme. Il a fait sa lessive et le linge sèche devant sa maison. Un voisin arrive en courant avec une enveloppe, un peu gêné il l’appelle et la lui remet. il n’est donc pas laissé seul. Les voisins prennent soin de lui. Comme hier je l’interpelle, il ne répond pas, il est dans son monde. Nous l’avons vu marcher dans la cour, je photographie ses chats qui se réchauffent sur son tracteur abandonné dans les rayons matinaux du soleil. Ce matin les éclaircies alternent avec périodes d’ombre. Le ciel est à demi dégagé et le Mont Ishizuki où nous étions hier à demi dans la brume.


Au Japon, et à Shikoku en particulier, beaucoup de maisons sont abandonnées, les « akiya ». Le toit s’effondre, la végétation envahit tout et à l’intérieur tout reste en l’état, la cuisine avec son mobilier et sa vaisselle. Personne ne rentre ni te prend les affaires. Certains viennent y jeter des détritus. Les causes sont multiples : absence d’enfants, successions compliquées en indivision, difficulté se tu mentale à vider la maison parentale, perte de valeur des maisons anciennes mal isolées que personne ne souhaite reprendre.
Effet du vieillissement et de la baisse de la population. Quand les propriétaires décèdent, leurs enfants ne veulent pas toujours récupérer la maison.




Nous croisons un vieux monsieur Japonais à Velo, qui veut nous expliquer le chemin et me précise à plusieurs reprises l’itinéraire. J’ai du mal à me défaire de lui. Finalement nous nous saluons et nous partons. Cinq minutes plus tard nous voyons arriver une voiture et ce même monsieur sortir de sa voiture. Il nous propose de nous emmener au tempes 60 61. Nous avons déjà fait deux fois le chemin hier. Difficile de refuser d’éviter de marcher le long de la voie rapide. Il insiste. Nous venons de très loin il veut nous conduire au temple 61. Nous acceptons joyeusement ce conducteur inattendu. Encore l’effet de la providence. Hier nous avons dû revenir sur nos pas, presque jusque notre point de départ avec une journée de 33 kilomètres et quelques ampoules.
Il s’appelle Kenji Kondo. Il est bien sympathique. Il nous explique que le temple est dédié aux enfants et aux personnes désirant avoir un enfant.


Deux touristes français retraités font le pèlerinage à vélo. Leur vélos ont été envoyés par avion. Nous les interrogeons sur le matériel : Ils utilisent des pneus très résistants anti crevaison et n’ont quasiment jamais crevé en 10 ans, ils ont visité beaucoup de pays, le Mexique, la Georgie… ce sont des cyclistes aguerris tout ce que nous ne sommes pas. Peu de chance que nous leur emboîtions le pas un jour. Qui sait.
Le temple 61 est un bâtiment moderne, très étonnant, une immense façade mêlant béton et brique.


Ce temple est visité par les personnes désirant avoir des enfants. On y voit une statue de Kookaï portant un bébé dans les bras.

Un escalier extérieur de Carrelage permet de gagner le temple principal à situé l’étage. On peut aisément passer à côté dans le voir. il est absolument magnifique : des milliers de photos d’enfants sont exposées sur les murs. De grandes bougies se consument : sur leur côté des vœux écrits par les pèlerins. Elles sont renouvellees chaque matin.
Le Nōkyōjo vient d’être inauguré. Il est neuf, les odeurs de bois de cèdre et de cyprès sont très marquées et agréables. Le moine m’explique qu’ils ont fait rasés l’ancien bâtiment et que la construction a duré 10 ans durant lesquels ils ont fonctionné dans des pré-fabriqués.
Des amulettes de toutes sortes sont en vente. Une nonne nous explique comment fonctionne l’amulette destinée aux personnes désirant un enfant. Elle est faite de papier plié. Chacun du couple doit porter sur lui la partie de l’amulette et suivre précisément un mode d’emploi détaillé. Nos enfants saurons où aller si besoin. Je fais un vœu pour qu’ils aient des enfants en bonne santé.







Le temple suivant numéro 62 est le HOJUJ I
Dans le Noukyosho je fais caligraphier mon carnet
Au temple 64 nous croisons notre amie américaine Mona que nous devions retrouver le lendemain. Joie des retrouvailles.
. Nous croisons aussi un français qui vit au Japon depuis 30 ans marié à une Japonaise. Il fait aussi le pèlerinage à pied. il a travaillé dans le laboratoire de Sony et d’autres grandes sociétés au Japon. Flo lui offre le livre qu’elle vient de finir de lire et s’allège de quelques grammes inutiles.
