Mercredi 15 avril
Nous quittons la sympathique pension de Monsieur Akan, notre hôte kurde. Son fils Ossman 27 ans est architecte. Il a dessiné et conçu la pension de huit chambres. Tandis que son père et ses oncles l’ont construite. Hier soir je vois sur le sol des plaques de ciment en train de sécher. Ossman que j’interroge m’explique que ce sont des couvertures que son père posera au-dessus des murs, c’est plus esthétique et cela les protège
en fabricant soi-même leur matériaux en taille les pierres, ils ont pu construire cette maison. j’ai suggéré hier à Ossman en lui montrant des photos de racheter une des vieilles maisons des plus pittoresques qui est en vente pour en faire une auberge.
Leur maison est juste à côté d’un autre immeuble récent. Elle est à la limite de la partie neuve de la ville ensuite commence l’enchaînement des vieux quartiers semés de maisons en ruine. Nous prenons un café et avalons une orange avec une galette de pain au sésame. . Le père Akan nous conduira en voiture jusqu’au ferry. Il nous montre sa note sur le site de réservation; nous lui faisons un signe de la main pour lui dire que nous mettrons une bonne note Florence ouvre grand les deux mains pour signifier 10.
Nous sommes dans sa voiture avec une autre voyageuse qui part vers Izmir. Elle est turc de Constantinople, elle parle allemand, me demande de lui descendre dans l’escalier son bagage qui est lourd.
Une autre personne touchée par l’actualité. Elle vit depuis 20 ans à Abou Dhabi. Son vol a été annulé elle est bloquée en Turquie et voyage en attendant de pouvoir retourner chez elle à Dubai. je lui demande comment est la vie là-bas. elle me répond que elle était très bien jusqu’au mois dernier. maintenant, tout le monde veut partir. Comment la guerre encore bouscule le destin des hommes et des femmes. Nous n’en saurons pas plus beaucoup plus. Nous arriverons rapidement au ferry. Et part ensuite vers la gare routière.
La route passe juste derrière la maison d’Akan longe la Crète de la colline. Nous n’avons pas même pris le temps la veille de nous élever de quelques mètres pour voir la vue magnifique sur les îles et la mer. Nous marchions vers le centre ville en contrebas. C’est ici un autre univers. En quelques minutes, nous sommes sur le quai et Akan nous salue d’une poignée de main de maçon, le regard franc un peu triste et lointain, chargé d’émotion. on se salue, on se remercie du regard pas un mot commun, on sait à peine dire merci en turc . Merci qui n’est pas simple. Lui ne parle pas un mot d’anglais. Nous arrivons au poste de douane pour prendre le bateau de 9 heures. Nous sommes en avance nous attendons.
Un employé nous dit que nous ne pouvons pas rentrer, nous patientons un peu, je redemande, on nous annonce une une grève, je pense que c’est une plaisanterie. Quelle grève ? je leur demande. L’employé ne parle pas un mot d’anglais. Ses collègues le rejoignent. ils nous font signe de nous rendre à la compagnie qui affrète les bateaux. même situation la personne qui tient l’accueil ne parle pas un mot d’anglais. Un passager qui ne peut partir comme nous, turc, parle l’allemand et fait office de traducteur. Des éleveurs bloquent le port de Mytilene. Je préviens mes collègues que le voyage est reporté. On nous donne un reçu pour échanger nos billets et nous réorganisons immédiatement notre programme. Nous cherchons le bus pour l’auto Gare direction Bergame. C’est le numéro 50. Nous sommes à bord. Arrivés à la gare un passager nous indique le bus pour Bergame est sur le point de partir, nous courrons sautons à bord du bus, il est 9h18. Nous sommes installés. Nous avons bien fait de ne pas réserver d’hôtel à Mytilene. Rien ne sert de trop anticiper nous verrons vendredi s’il est possible de reprendre le ferry. Sinon nous poursuivrons vers le sud. En attendant, nous allons visiter pendant deux jours Bergame et sa région située à 60 km environ.
À la compagnie maritime un coupl bloqué comme nous, à gentiment traduit pour nous. les gens sont très bien élevés et très respectueux. On a beaucoup à apprendre des Turcs.
À retenir de ce matin il faut toujours être disponible et s’adapter aux évènements et aux circonstances. Rien n’est inscrit. Tout est affaire de disponibilité. On peut lutter contre les évènements essayer de changer le cours des choses, mais quand cela devient impossible, il vaut mieux s’adapter et rebondir au lieu de heurter frontalement.
la souplesse et l’élasticité sont deux vertus.
Nous avons une heure de bus devant nous, j’ai avec moi l’anthologie de récits de voyage en Asie central et au Tibet, je lis les récits de Ella Maillart au Khirgistan.
Je passe la moite du voyage à lire et à regarder le paysage verdoyant de l’Anatolie.
À Bargame nous avons pris place dans une petite auberge dans le centre-ville, posé nos sacs, pris un temps de lecture et de repos et sommes aller déjeuner dans un restaurant près du bazar.
Ici le bazar n’a rien à voir avec le clinquant d’Istanbul : les commerces de partout, où les objets souvenirs dégoulinent des devantures jusqu’aux bijouteries ou un amas d’or s’écoule en cascade dans les vitrines.
Ici, la sobriété et la tranquillité
Personne ne nous accoste ne nous sollicite ne cherche à vendre, quoique ce soit, on peut rester devant la vitrine d’une boutique . Personne ne vient vers nous, c’est tellement plus agréable. Je ne supportais plus Istanbul à la fin
Je prends un goulache de bœuf à la Turque avec une assiette de riz. Florence prend des petits pois bouillis avec des morceaux de mouton. Les assiettes ne sont pas copieuses. Cela nous suffit amplement.
Un tour dans la vieille ville, nous passons devant le studio d’un photographe, il vient nous saluer nous invite à rentrer dans sa boutique. Nous discutons avec l’aide d’un de ses amis qui traduit. Il nous explique qu’il est journaliste pour la télévision d’État, qu’il fait des reportages régulièrement dans son studio d’enregistrement. sur les murs noirs l’immanquable portrait d’Atarurk. Nous parlons un peu politique puis nous le saluons, il a un ami qui parle anglais et qui traduit nos échanges car il ne parle pas un mot
l’hospitalité des Grecs se confirme chaque jour. dans la pension l’hôte et fille sont accueillants. Le chauffeur de Taxi nous a proposé de nous conduire jusqu’à l’acropole en faisant un détour par l’hôtel, le prix est raisonnable. pour une fois j’accepte nous n’irons pas à pied, cela nous fait gagner une heure avant les chaleurs de la journée.
Sur l’acropole l’Interet principal est l’amphithéâtre qui a conservé tous ses gradins de même que le sanctuaire de Trajan dont une partie du fronton de marbre et une colonnade ont été reconstitués pour les visiteurs. sans ces restaurations qui viendrait jusqu’à Bergame ? Ces pierres portent beaucoup d’histoires, mais elles sont plus légendaires qu’autre chose. il y a finalement plus grand chose à voir début plutôt à imaginer de la grandeur, passée. Souvenir du trésor rapporté par Lysimaque, un des généraux d’Alexandre qui a sa mort devint roi de Thrace. On estime sa fortune à plus de 9000 talents d’argent, sachant qu’un talent représente environ 30 kg de métal. Combien de villes combien de sanctuaires pillés et de métal précieux fondu et rapporté en butin dans les chariots pour être caché, et n’en profiter qu’à peine. Lysimaque mort dans son combat contre un autre général d’Alexandre Seleucos qu’il avait défié
Nous descendons à pied vers le centre de Bergame.
Le gardien du site de l’acropole nous a autorisés à rester au-delà de la fermeture, et dans le soleil déclinant, nous descendons le long de la voie romaine, parcourant tout le site jusqu’au pied de la ville, l’ ancien gymnase les fortifications byzantines et nous arrivons jusqu’à la basilique rouge avec une vue à 180° sur la plaine agricole, et Bergame.
L’hiver des fermiers font paître leur vaches jusqu’à l’ouverture du site. Des bouses encore fraîches l’attestent. Les fortifications byzantines qui ont été ajoutées ultérieurement sont en ruine et c’est forcément assez émouvant de traverser un tel site avec toute l’histoire qu’il porte
dans quelques minutes, nous serons aux prises avec le bruit des rues l’agitation de la ville des quartiers d’habitation turcs. Ici nous avons encore le chant d’ oiseaux, le vol des hirondelles, les insectes et la chaleur du soleil, première journée vraiment chaude avec plus de 25°. Cette descente me rappelle Cuenca et la vue sur la ville depuis la colline avec sa statue du Christ. Cuenca est une ancienne ville musulmane devenue chrétienne
Ici ce n’est pas la Castille, c’est l’Anatolie d’ancienne cités grecques et romaines devenues musulmanes
Un ville plus verte avec tout autant d’oliviers
Une fois redescendu en ville, j’ai pris un ayran une sorte de yaourt liquide fait de l’air fermenté.
