Une joueuse de handball pas comme les autres

Samedi 30 octobre

 La pension OOnaru est tenue par Keiko Onaru, 86 ans. Elle prépare des repas délicieux. 

Au téléphone lorsque j’ai réservé deux jours plus, tôt elle a beaucoup insisté  pour que nous n’annulions pas. Qu’il y aurait des pénalités. Je ne comprenais pas bien son insistance. Elle n’a que trois chambres. Elle prépare les repas a l’avance. En cas d’annulation c’est une perte sèche pour elle. Visiblement elle fait face à des annulations fréquentes de pèlerins étrangers. 

Je l’interroge un peu. Quand elle était jeune elle n’a pas travaillé, elle s’amusait me dit elle. Elle faisait du handball un sport de garçon. À l’époque peu de femme pratiquaient ce sport, elle devait s’entraîner avec les garçons. Aujourd’hui elle travaille pour assurer son autonomie et sa subsistance. Son ryokan assure sa retraite. Son mari vit toujours. À 87 ans il l’aide à préparer les repas mais ne s’occupe pas du étonna. Ils cultivent encore un lopin de terre pour produire le riz pour le Minshuku. Elle est adorable et gentille. Elle a dû être très belle dans sa jeunesse. Elle regrette de ne pas parler l’anglais et de s’être amusée jeune. 

Elle me confie en aparté qu’elle aimerait arrêter le travail et s’amuser un peu, partir voyager aux États Unis ou ailleurs. Elle a totalement rénové la maison il y a dix ans à l’âge de 76 ans. Quelle belle énergie. Elle touche une toute minuscule retraite et continue de travailler. Cela la maintient active et lui fait rencontrer du monde. Elle ne parle pas un mot d’anglais. 

Flo a pris le train ce matin pour Osaka. Ces deux semaines ont passé tellement vite. La pluie est annoncée pour aujourd’hui . Yoshida San part le premier. Notre amie américaine Mona reste finalement un jour de plus et partira demain. Elle m’accompagne aujourd’hui au temple 65 Sankakuji.

Sur le chemin, nous croisons un homme qui nettoie une peau d’animal fraîchement tué. Je discute avec lui c’est un chasseur il a abattu un cerf et prépare la peau pour l’exposer. 

Nous trouvons aussi un mandarinier au bord du chemin, couvert de mandarines, comme un Osetai planté pour les pèlerins. Au pied de l’arbre des écorces de mandarine en exemple. Nous en prenons une chacun pour la route. 

Plus loin sur le bord du chemin une halte pour les marcheurs avec une table  deux chaises et sur la table un aquarium avec des poissons rouges. Étonnante idée d’installer un aquarium à l’extérieur pour que les poissons profitent du paysage. 

Au temple nous retrouvons Yoshida san peu moins de deux heures plus tard. Un temple magnifique et paisible. Un de mes préférés. Les bâtiments sont dispersés entre les érables qui commencent à rougir. Tout est de bois ici. Odeurs d’encens. Odeurs de cyprès. C’est préférable à la station d’épuration située 300 mètres en dessous du temple. J’étais surpris par l’odeur du sous bois après la pluie. Une odeur désagréable et nauséabonde. J’ai compris en voyant de loin les installations de traitement des eaux usées. 

Je filme le temple Sankakuji. L’endroit est d’un tel recueillement.  On s’y sent bien on n’entend que les corbeaux et les chants d’oiseaux, les pas des rares  visiteurs  dans le gravier.

Après le temple nous rejoignons le minshuku où nous devons passer la nuit.

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