Mardi 20 octobre
Nous quittons l’auberge et nous engageons sur le pèlerinage de Shikoku. Depuis la gare de Matsuyama nous prenons un vieux bus pour Komakogen un village de montagne au Sid est de Matsuyama.
Le pèlerinage de Shikoku a été fondé il y a plus de 1 200 ans par le moine Kōbō Daishi, également connu sous le nom de Kūkai. Il constitue l’un des hauts lieux du bouddhisme au Japon. Ce pèlerinage relie 88 temples sacrés et peut être parcouru à pied ou par tout autre moyen de déplacement. Il est étroitement lié aux traditions bouddhistes et shintoïstes japonaises. Depuis de nombreuses années, il attire des visiteurs venus du monde entier.








Comme j’ai parcouru en 2024 la première partie du pèlerinage jusqu’à la ville de Koichi et que Flo n’a que deux semaines nous avons sélectionné la partie située sur la préfecture de Ehime pour son relief et des paysages ruraux. Le hasard à voulu que nous commencions au temple 44 Daihoji, qui correspond au milieu du parcours si l’on se réfère au nombre de temples.
Hier soir, nuit tranquille dans un henro House de Matsuyama, une maison pour les pèlerins. Nous étions les deux seuls voyageurs. Cette maison japonaise de plus de 80 ans fait office d’auberge et de brasserie. Le propriétaire voyage en ce moment en France sur le chemin de Compostelle.
Levés à 6h. Direction la gare de bus de Matsuyama. Pas évident de trouver le bus. Une Japonaise me renseigne. Nous montons abord d’un bus pour 1h30 jusqu’à Koma Kogen. Visite du premier temple, numéro 44 assez proche puis la marche dans les forêts humides de cyprès et de cryptomères. Dans le temple des poupées symbolisent des pèlerins assis sur des chaises. Dans un champ d’insolites moulins à vent fabriqués avec des bouteilles de plastique. Ingénieux.
Nous marchons sur un sentier quelque part entre le temple 44 et le temple 45. La végétation est riche. Nous tombons sur des plans de théiers en fleur. De la famille des camélia. Je veuille deux feuilles que je mâche en marchant. Nous rencontrons sur le sentier plein de petits crabes oranges. Nous croisons dans une ferme un animal pris dans une cage. Nous l’aurions bien libéré. Je pense que c’est un blaireau. Après vérification c’est un tanuki animal fétiche du Japon.








La sylviculture est très implantée ici, le climat est favorable au développement de ces essences précieuses de montagne. Tranquillité, apaisement. Nous avons eu de la chance. Hier alors que nous visitions le château de Matsuyama, il s’est mis a pleuvoir fortement. Nous étions rapidement a l’abri. Aujourd’hui le ciel est à peu près dégagé et nous avançons entre nuages et soleil dans un paysage absolument reposant.
Je me suis immédiatement inséré dans le mouvement, j’ai retrouvé de suite mes sensations de marche entre les temples. J’explique à Florence, quelques principes et gestes essentiels du pèlerinage. Saluer devant le portique d’entrée, se laver les mains à la fontaine… Nous brûlons trois bâtons d’encens chacun. Une Japonaise que nous avons croisée plus tôt nous apporte un vœu en tissu de soie offert par une guide très âgée. C’est d’après elle un charme puissant qui est censé nous porter bonheur. Cette très vieille dame a fait plus de 130 fois le pèlerinage. Ses cheveux teintés en vert.
Puis nous reprenons rapidement la route. à la première occasion nous nous allongeons pour reprendre des forces et dormons 30 minutes après une nuit quasi sans sommeil. difficulté à nous acclimater avec le décalage horaire.
Sentier encore humide de la pluie de la veille. Pas de pluie aujourd’hui des éclaircies. 19 km dans de beaux paysages
Nous visitons le temple 45 Iwayaji après un long detour. La nuit tombe. Nous devons rentrer avec les lampes frontales a l’auberge où nous avons déposé les sacs.




