Jeudi 16 avril
Nous visitons le sanctuaire d’Asklepios (Esculape), site de soins tres couru dans l’antiquité où exerçait Galien (Galenos) un grand médecin de Pergame, pionnier en son temps de la pharmacie et de la médecine



Site vraiment intéressant, même si les vestiges visibles sont limités, on peut imaginer sa splendeur passée. Temple de Zeus Esklepion, théâtre, bassin et source sacrée.
Le ciel est couvert, il fait frais, le pull se supporte très bien. Nous croisons un groupe d’Américains, accompagnés de deux guides, qui prêchent. Ils reprennent le thème du soin et de la souffrance des autres pour parler de religion. Le Christ est mis à toutes les sauces. Le groupe réunit des américains de tous âges, tous munis d’un carnet où ils prennent des notes assidûment. Ils portent tous le même petit sac sur le dos. l’obscurantisme gagne les États-Unis. C’est préoccupant. Quand on voit comment ils agressent et bombardent l’Iran ils feraient mieux de s’occuper d’eux-même
En deux générations le monde a basculé de démocratie laïque reposant sur le droit international à des états de plus en plus autoritaires proches de la tyrannie, où les droits fondamentaux sont limités sous couvert de religion.
démocrates du monde entier, inquiétez-vous et défendez vos droits
l’Iran aux mains des Mollahs , la Turquie, aux mains d’un régime de plus en plus religieux, les États-Unis aux mains d’un président qui se prend pour Dieu. Le mot d’ordre surtout faites des affaires et vous préoccupez pas de politique.
Nous rentrons vers le centre-ville à pied et traversons un quartier habité par des Roms de Turquie. Ils sont nombreux dans les quartiers périphériques de la vieille ville. Les femmes ont le teint plus mate et la tenue caractéristique. La Turquie s’enrichit et beaucoup de ses habitants sont pauvres. Visiblement la richesse n’est pas partagée.
Tout ici est de bric et de broc. Nous sommes en marge dans ces quartiers qui ne profitent pas du Développement Urbain.
Nous y croisons tout un attroupement d’enfants, ils énumèrent leur prénom. Les garçons sont sur des vélos.
une douzaine de garçons et de filles entre cinq et 10 ans viennent nous dire bonjour, ils sont tout content de se présenter de nous serrer la main, ils rigolent, on les salue et on continue notre chemin.
Le chemin contourne la ville, nous sommes juste en dessous de l’Acropole de Bergame. Ici on surplombe la rivière, le pont de pierre et la basilique rouge.
La brume se mêle au ciel on distingue la silhouette de l’île de Lesbos dans des vapeurs laiteuses au dessus de la mer Égée qui nous sépare des îles grecques.
La grève continue, la fièvre aphteuse qui touche le cheptel de l’île a obligé les vétérinaires à abattre plus de 2000 têtes de bétail. les agriculteurs en difficulté bloquent tout commerce maritime à la sortie de l’île depuis hier matin. Je ne sais pas si nous pourrons aller à Mytilene les nouvelles que l’on lit dans la presse ne sont pas forcément réjouissantes. les agriculteurs remontés menacent de poursuivre leur mouvement, sans limite de durée
L’administration a organisé un cordon sanitaire pour pouvoir faire rentrer et sortir les produits de première nécessité et éviter de perdre trop de denrées périssables
Mytilene est pour quelques jours coupée du monde extérieur, du moins par la mer. plus de 300 voyageurs sont bloqués sur l’île là-bas
Mytilene 30 ans plus tard, nous étions à ta porte.
Nous hésitons à revenir en arrière rejoindre Ayvalik ce soir pour tenter le bateau demain matin avec l’incertitude d’un départ et puis l’éventualité d’aller sur l’ile et de rester bloqué là-bas n’est plus très engageante. Je n’ai pas envie de faire un crochet en avion par Athènes pour revenir en Turquie
je me donne encore 2 à 3 heures le temps de déambuler dans la ville pour prendre une décision. Des fois que des nouvelles plus récentes nous parviendraient
Nous traversons des quartiers d’une pauvreté extrême d’une saleté indescriptible. Florence pense que ce sont des roms, je n’en suis pas si sûr nous sommes dans des quartiers populaires d’une ville populaire où il n’y a pas grand activité en dehors. Un peu de tourisme ici un peu d’agriculture de l’élevage ovin de bovin, pour la viande, pour le fromage.
À l’intérieur de la mosquée Ulu Camii, je suis seul, sur le sol un immense tapis.

le bâtiment est très sobre les murs sont blancs, quelques vitraux de couleurs sur les fenêtres, rien de figuratif, dans des médaillons, des inscriptions en arabe. quelques lustres, un énorme lustre en cristal suspendu et des lampes en verre coloré. quelqu’un vient de rentrer dans la mosquée et à éclairé la lumière, quatre piliers soutiennent trois imposantes coupoles
Özden le patron de la pension et sa femme sont très accueillants. Lui est ancien chaut de taxi. A quarante ans il a eu l’idée de cette pension pour les voyageurs. Il a loué une saison une ancienne maison ottomane pour tester son idée. Cela a tellement bien fonctionné qu’il a racheté la maison et trois maisons voisines. À 56 ans il m’explique que toute sa famille vit et travaille à la pension, sa femme ses filles et sans doute un de ses frères L’endroit est bien décoré simple avec des meubles qu’il a chinés provenant des maisons abandonnées de Ayvalik. Le jardin est spacieux calme et arboré. Un espace de verdure dans l’agitation des rues.
Hier ils cuisinaient dans le jardin une confiture de potiron dans un chaudron sur un feu de bois. Pour allumer le feu ils brulaient des planches en aggloméré plastifié. Une odeur âcre et épaisse a envahi le jardin sans provoquer chez eux la moindre gêne. Je leur signale avec le traducteur que les emanations sont probablement toxiques en bon européen moralisateur
Nous sommes allés manger une soupe de lentilles en ville après avoir cherché le Hamam. Sans telephone il est plus diffusé localiser les lieux. Nous le trouvons finalement il n’est pas mixte et le personnel nous conseille de revenir demain vers onze heures du matin car il est plein ce soir
