Arrivée de Flo départ pour le henro, le pèlerinage des 88 temples de Shikoku

18 octobre dimanche lundi 19 octobre

 Flo arrive de Paris un peu paniquée son telephone déchargé son passe internet ne fonctionne pas. Nous communiquons par sms, je la retrouve à la sortie du JR pas très loin du lieu de rendez-vous que je lui avais donné. Pas facile de se retrouver dans une grande ville comme Osaka sans téléphone. 

Nous visitons la tour Hitachi une concession que je fais au tourisme. Nous y étions avec Dimitri il y à deux ans. L’attente à tous les étages est longue. Mais la vue est belle sur Osaka à la nuit tombante. 

Flo se sent fatiguée. Pas de grand restaurant kaiseki ce soir. Elle préfère dîner dans le petit restaurant où j’ai mangé le premier jour. La patronne nous accueille avec le sourire et sa voix chaleureuse. Elle se souvient de moi. Nous discutons un peu. Flo prend des huîtres frites et panées et un maquereau grillé. À 20h nous sommes au lit. 

Lundi 19 octobre

Nuit courte peu dormi. Chaleur et transpiration. Nous avons pris le métro jusqu’à la gare de Shin Osaka. 290 yen le billet. J’avais réservé les billets des mon arrivée à l’aéroport. 

À la gare nous avons juste le temps de prendre un café dans un 7 Eleven puis de monter dans le Shinkansen Nozumi pour Hakata. Nous descendons à Okayama ou nous changeons de train pour Shikoku. 

Le temps de trouver le bon couloir, le bon étage, le bon quai, le train arrivé sur le quai à peine avons nous pris place dans la file d’attente de la voiture 1 en bout de quai pour les sièges non réservés. Sans parle japonais nous n’aurions jamais pu avoir la correspondance. 

Nous sommes dans la voiture sans réservation, plus économique mais mon facile à trouver. Nous avons chacun un siège dans deux rangées différentes. Le train est calme. À ma gauche un jeune homme aux ongles long et vernis. Sur le quai un homme de forte corpulence est en rouge de la tête aux pieds. Même sa casquette et ses baskets sont rouges d’un rouge criant. Pas facile d’être original et de sortir du moule ici dans ce pays de la conformité. Je ne dirais pas conformisme mais conformité. Tout le monde est dans le moule et il est si difficile d’en sortir que les originaux sont souvent des orignaux de rupture. 

Dans la dernière voiture je peux suivre l’avancée du train qui nous conduit vers Shikoku par la fenêtre. Toujours spectaculaire. Après Okayama les premières rizières. Nous nous rapprochons de Shikoku. On sent les odeurs de graisse chaude des freins, des odeurs mécaniques. La lourde machine avance rapidement au milieu des paysages toujours familiers. Une émotion forte me gagne. J’en ai presque les larmes aux yeux. Retrouver les campagnes japonaises, les cultures de soja de riz, d’agrumes. Les exploitations miniatures ultra mécanisées. Les fermes stylisées perdues au milieu des rizières. 

Retrouver le Japon rural. 

Une joie m’envahit, le bonheur de retrouver le Japon ou j’ai plongé à 20 ans, perdu loin des villes dans une usine au milieu des rizières… 

je suis au Japon depuis 4 jours. Quand je vois les images de Marseille, du centre ville, de la mairie et des commerces saccagés, je suis écœuré et j’en ai les larmes aux yeux. Ici au Japon le respect des autres est au cœur de la société… je pars marcher un mois dans la solitude des rizières bien loin de ces exactions et des pillages.