Dans les rues d’Osaka

17 octobre samedi 

Dans une rue commerçante d’un quartier populaire d’Osaka près de Shi Imamiya, des magasins de Bento. C’est  l’heure du déjeuner. À l’angle d’une rue un marchand ambulant invite les passants à acheter ses lunch Bento. Sa boutique est simple :  une petite table et un fauteuil en pleine rue, un présentoir et quelques Bento disposés sur la table. Il me fait la réclame de ses produits, son Bento est à 500 ¥ c’est-à-dire à peine trois euros pour le repas de midi. Il m’explique qu’il les fabrique lui-même.  Content de son travail, il me présente l’un des cinq Bento en me disant : « celui-ci c’est le meilleur » 

Je reviendrai tout à l’heure lui en prendre un. Je n’ai pas encore faim. 

Un peu plus loin, devant un love Hotel, un jeune couple sort la main dans la main. Ils sont venus passer un moment intime dans une chambre discrète loin des fines cloisons de leur appartement ou de leur chambre d’étudiant. 

Après une ou deux heures de marche dans le quartier je me suis attablé à un stand de rue juste sous une voie ferrée. Sur une plaque métallique, le chef cuisine des morceaux de graisse avec une sauce de soja.  Tout autour des hommes surtout boivent du shochu et des bières. Une femme dans le groupe filme le cuisinier. ça rigole bien.

La consommation d’alcool est en forte diminution au Japon en particulier chez les jeunes. Ajoutez à cela la baisse de la population. L’administration fiscale n’a pas hésité à battre la campagne récemment pour relancer la consommation d’Alcool. Elle s’attend à une chute de ses recettes fiscales. À la bonne heure. Entre santé publique et budget de l’État il faut parfois faire des choix. De la à concevoir une campagne de promotion de l’alcool financée par l’État. Cela laisse songeur.

Je passe devant un bar. Au comptoir, la patronne, la Mamasan, une femme installée. C’est un karaoké. Un homme d’une quarantaine d’années, salaryman plus au moins en costume. Devant lui six bouteilles de bière vides. Il chante le micro à la main sur une musique un peu romantique japonaise, et au fond, un autre client bat la mesure en tapant dans ses mains. Notre homme est visiblement ivre après sa journée de travail, il a l’air joyeux. La patronne me fait signe d’entrer, je décline de la main en souriant, il est tôt pour chanter dans un karaoké à l’ambiance un peu pathétique et un triste. C’est aussi ça le Japon.  Même si on chante faux on passe un bon moment. Je n’ai jamais trop aimé les karaokés pendant mes années à Tokyo.

J’ai repéré dans mon quartier un bain public. Je vais me laver et me tremper dans le bain brûlant, ça me fera du bien. Il a plutôt bonne presse, le tarif est raisonnable. 

Sur le retour je passe par hasard devant l’hôtel Mamba, un hôtel pour touristes. En bas, ils sont tous assis autour d’une table à converser entre eux. Tout ce que je n’ai pas envie de voir et côtoyer. La présence de tous ces touristes dans un grand conformisme inévitable. Il y a plein d’hôtels ici  près du centre. Il faut accueillir les milliers voir les dizaines de milliers de touristes qui déferlent chaque jour sur le Japon. 

Dans le jardin Kentakuen les corbeaux viennent se baigner dans l’étang. ils battent l’eau de leurs ailes et s’en aspergent le corps. On entend le clapotis de l’eau et le claquement des ailes.  J’essaye d’observer comment ils s’y prennent. Ce jardin est beau. Un peu  trop artificiel.  Il lui manque un peu de l’authenticité de certains jardins, en particulier ceux des temples. peut-être un peu trop moderne avec ses allées cimentées ses  arbres, trop bien taillés. Il lui manque une touche de naturel. 

Je visite le parc Tennonji.  Ici le 7 mai 1615, a eu lieu la bataille de Tennonji dans la guerre que se livraient le clan Tokugawa et le clan Toyotomi, d’un côté 150 000, en face 55 000 hommes. Aujourd’hui la ligne de la Japan Railways passe juste sur la ligne de front entre les deux camps. 

Le soir j’ai du mal à trouver un restaurant à proximité de la maison ou je loge. Le quartier est trop central et touristique. Les restaurants sont pris d’assaut par les touristes. Je finis la soirée dans un petit restaurant de Oden tenu par des chinois.