17 avril
Si comme moi vous vous demandez en quoi ça consiste et si ça vaut vraiment la peine, lisez ceci et n’hésitez pas un instant.
l’an dernier à Istanbul j’y suis allé en me forçant et n’ai pas eu une très bonne expérience, c’était un hamam très fréquenté par les touristes et cher, tout était fait à la chaîne et de manière assez sommaire, le massage s’apparentant à de la boxe, je n’avais qu une hâte : sortir au plus vite de là et à la sortie, même pas de repi, tout le monde venait demander avec insistance son bakchich…
Ici en fin de matinée, sur le conseil du gérant la veille, on est seul, seul dans le sauna, seul dans le bain turc. Pendant que Flo était au bain je patientais en suant à grosse goutte dans le sauna puis le massage : une femme turque me masse très lentement, un massage plutôt reposant.
Au milieu du hamam, légèrement surélevé, un grand plateau de marbre gris clair. Le personnel vous invite à vous allonger juste couvert d’une serviette autour de la taille.



Le bain en gros c’est du gommage, on vous frotte la peau sous toutes les coutures, avec une sorte de gant de grosse étoffe ou de crin de cheval. Vous êtes allongé sur le marbre blanc
ça arrache les peaux mortes et après on vous lave à grande eau chaude lancée avec une écuelle ou carrément un seau. Après une bonn quart d’heure d’astiquage vous êtes conduit un peu étourdi entre les mains expertes de la masseuse. Vos muscles et nerfs aussi tendus soient-ils se relâcheront. La masseuse n’appuie pas trop fort, c’est un massage tout en douceur et tant mieux.
En synthèse le hamam c’est vingt minutes de sauna bien chaud pour transpirer. Ensuite le gommage 15 à 20 minutes. On vous arrache délicatement la peau et enfin plus d’une heure de massage avec des huiles et retour au bain turc : on est débarrassé des huiles sur le corps et lavé avec de la mousse, sensation assez onctueuse et puis de grands seaux d’eau chaudes, versés sur la tête et le corps pour rincer. Pour Flo c’était une femme pour moi c’est un homme qui fait le gommage. On a droit à un second massage plus puissant, ça pince un peu au niveau niveau des nerfs, des jambes et du dos sur les points de tension nerveuse. Et j’en ai toujours en réserve. ça tire ca fait mal et je serre les dents quand il appuie sur la plante des pieds ou les muscles des cuisses ou le haut du dos. Pour terminer on sort pour avoir droit à une tasse de thé un peu chancelant mais reposé et détendu
quelle expérience exceptionnelle au total sera aura duré près de deux heures. Nous sommes arrivés au hammam juste avant midi…

Florence a été massée par une femme ouzbèque et lavée par une ougandaise.
Nous déjeunons dans un döner qui a l’air très bon, tenu par un jeune et sa mère. C’est le premier que nous essayons. J’adore la viande et attendait ce moment pour trouver une bonne adresse. Döner signifie rotatif. Cela qualifie l’appareil où la viande est empilée et grillée en tournant devant un grill. Nous prenons des galettes fourées à la viande vraisemblablement des des dürüm kebab. Un régal nous les remercions.
En sortant nous croisons plusieurs femme qui chantent. L’une d’elle assise sur un tabouret tient un tambour entre ses cuisses et joue de la musique tandis que les autres chantonnent et esquissent des mouvements de danse. Intimidées par nos regards nous les laissons à leurs chants, et poursuivons notre chemin un peu émerveillés par le hasard de cette rencontre musicale qui nous rappelle les chants du Turkestan chinois.
Nous passons à la pensions récupérer nos sacs, je le fais expliquer par Ozden où trouver le bus pour Phocée ( eski foça) l’ancienne Phocée.
Nous arrivons au kiosk de la gare des minibus que j’avais repérée ce matin derrière la basilique. Dans un minuscule bureau l’employée macère dans la fumée de ses cigarettes sans filtre. Le temps de lui parler par la vitre je m’en prends plein les poumons. Pour 360 lires j’ai mes deux places pour le carrefour de Phocée sur la route d’Izmir. Nous avons les sièges 7 et 8. Seuls dans le dolmus ( minibus) nous attendons le départ. Le premier arrêt est à l’autogar de Pergame. En bus il ne faut pas être pressé. Le réseau est dense et le maillage complet. Par contre avec les nombreux arrêts on avance à moins de 30 km/ heure en moyenne. Cela laisse le temps de se nourrir des paysages ruraux urbains ou industriels et de s’immerger totalement dans ce pays en laissant la langue turque qui nous entourent et les visions de chaque instant infuser en nous. Encore quelques semaines et nous serons turcs

Je me faisais la réflexion au moment de quitter Pergame que je commençais à m’y sentir bien. Nous en connaissons déjà presque tous les magasins du centre ville que nous avons sillonné de long en large ces trois derniers jours. À la longue on finirait par s’ennuyer
Tentative infructueuse pour retirer de l’argent en espèces dans plusieurs banques. Ma carte est refusée partout. Heureusement j’ai une seconde carte en sécurité.
nous descendons à l’intersection pour prendre un second bus. Nous ne savons pas trop dans quelle direction le prendre. Il y a toujours une personne volontaire pour nous renseigner.
À l’arrêt du bus nous discutons avec une dame qui parle assez bien anglais, elle nous parle du ……
Elle nous parle ensuite de Phocée et de ses liens avec Marseille, que les marseillais sont originaires de Phocée
Nous lui expliquons que c’est la raison de notre venue. Ayse nous explique qu’elle est musulmane mais d’une branche particulière, l’avelisme. Les avelistes sont musulmans mais ne respectent pas les cinq fondements de l’islam notamment ils ne prient pas à la mosquée ne font pas le ramadan. Du Temps des ottomans, ils ont été persécutés. Les Alévis étaient perçus comme menace à cause de leur proximité présumée avec les safavides d’Iran.
Elle nous conseille un hôtel à Phocée et descent du bus après nous avoir confiés à un autre passager. Celui ci s’avère être un officier de la marine basé à Phocée. Nous discutons un moment, et j’évoque les interventions en cours en mer noire. Petit de taille, trapu il est passionné par ce qu’il fait et a été formé au lycée naval.
Nous arrivons à Phocée et découvrons une petite ville de bord de mer comme je les aime. Il reste à trouver une chambre il est 20 heures



