Je n’étais pas motivé pour aller à Izmir, la capitale régionale, grande métropole. J’ai préféré faire un crochet par Phocée la ville d’où sont partis les navigateurs fondateurs de Marseille. Après un trajet en bus et un changement nous sommes arrivés hier soir.
Phocée est aujourd’hui une petite ville de plaisance avec un vieux-port, ses bateaux de pêcheurs et autour sur les hauteurs, des villas pour les vacanciers. beaucoup d’espaces encore sauvages tout autour pour aller marcher.

Pas très loin d’ici l’île grecque de Chios où nous étions allés passer une semaine depuis Athènes en 1999. C’est dans ce bateau que Dimitri notre second fils a fait ses premiers pas.

Phocée, un port très agréable, calme surtout en cette saison. Peu de touristes hormis le samedi soir. Pas croisé d’étrangers. Les bateaux sont tous à quai. Le vent est fort. Les pêcheurs sont rentrés ils déballent et rangent la pêche du jour. Loups daurades…


Sur les quais de nombreux bateaux proposent des excursions en mer dans les îles voisines pour se baigner et voir les phoques moines qui ont donné leur nom à la ville. Fokia ou Foça.

Les marseillais en quête de leurs origines peuvent venir ici à Phocée retrouver le point de départ des marins qui il y a 2600 ans, ont risqué leur vie pour fonder la colonie de Massalia.
c’est une ville de villégiature des habitants de la région d’Izmir. ils viennent en vacances l’été ou passer un week-end aux beaux jours. Ses restaurants de fruits de mer, ses cafés ses vieilles ruelles avec des maisons grecques et ottomanes ont un charme particulier.

Et puis la mer, son bleu inimitable…
Se dire que des marins ont voulu partir de ce qui était déjà une colonie pour fonder de nouvelles colonies. À l’époque déjà la menace de l’envahisseur perse sévissait et les phocéens par anticipation cherchaient de nouvelles terres plus sûres pour s’établir. Outre les difficultés de la navigation, les risques de tempête, la sécurité devait être bien précaire à l’époque et les pirates nombreux.

il fallait sans doute que le péril soit grand pour se lancer dans de telles aventures.
les bateaux étaient longs, c’était des penteconters, navires grecs de guerre de 50 rameurs, 25 de chaque côté. ils mesurent de 25 à 30 mètres de long et étaient également équipés d’un bélier à la proue pour le combat et d’une grand voile pour naviguer avec le vent. Herodote évoque dans son histoire les talents de navigateurs des Phocéens.
c’était avant tout des vaisseaux de guerre qui permettaient de lancer des explorations lointaines.
Dans une place de la vieille ville, sous une statue de métal qui représente un coq, une plaque explique en turc que les fondateurs de Marseille auraient emporté avec eux des statuettes religieuses de coq. Le coq était aussi présent sur les pièces de monnaie des Phocéens . D’après le texte qui me semble très improbable ce symbole aurait été transmis de génération en génération et conservé par les marseillais. Au moment de la révolution française , le coq serait devenu le symbole national que nous connaissons tous.

Ce n’est pas l’interprétation historique la plus usuelle mais on peut toujours rêver et laisser les responsables de Phocéens s’imaginer une influence historique en France au delà d’avoir déjà donné naissance à Marseille.
La plaque indique que « cette œuvre a été créée avec le souhait que les liens de fraternité et d’amitié qui unissent depuis des siècles les peuples de Foça et de Marseille perdurent à jamais. »
cette histoire de coq est amusante. où est le vrai où est la légende? chacun écrit son histoire, et c’est souvent par la légende qu’on crée les fondements d’une nouvelle forme de vérité.
J’explore ce matin une autre partie de la ville de l’autre côté du port, cette seconde baie où se sont installées plein de maisons de villégiature et sur la colline en hauteur plein de villas comme des rectangles de sucre, toutes blanches avec des toits légèrement pendus couverts de tuiles. Ces sucres, ont de larges fenêtres, toutes orientées vers la mer accueillent l’été des vacanciers. la plupart des maisons sont fermées en avril.

Nous croisons un petit marché de producteurs locaux de confiture artisanale, olives et légumes. chacun présente sa production des plantes insolites qu’on ne connaît pas, les olives bien évidemment l’huile d’olive, des plats cuisinés et d’autres sortes d’herbes.




du miel toute sortes de conserver de cornichons, de piments de légumes divers dans le vinaigre
Un à un les stands s’installent une jeune femme porte un foulard vert et n mousseline de coton, accompagnée de sa petite-fille elle installe son stand de pain, de pain d’épices, de biscuits. Une installation plutôt esthétique qui fait envie.
Nous avons acheté à une vieille dame des feuilles de vigne et des poivrons farcis; à une petite marchande des crêpes fourrées aux légumes, à une autre des petits beignets au fromage à la pomme de terre et à l’Annette.
La pâte est très fine. Les galettes de blé sont roulées avec un premier rouleau puis avec une baguette fine et au final la galette fait quasiment 60 cm de diamètre comme une immense crêpe.
On la couvre de feuilles d’épinard, mélangées avec du fromage et différentes herbes en les pliant en deux. Puis elle est mise à frire sur une plaque chauffante avec de l’huile d’olive.
Résultat très sain et délicieux.


Nous mangeons des produits naturels, frais.
Sur un stand qui vend ces mystérieux légumes, je vois dans une bassine de sorte de racines. les marchands nous expliquent que ce sont des jeunes pousses de chardon et que c’est délicieux avec de la viande d’agneau de l’huile d’olive et des petits oignons et éventuellement des oranges.
Ici c’est un peu la débrouille, rien n’est perdu, ils font des légumes au vinaigre, toutes sortes de légumes, choux rouges, piments, betteraves, courgettes et Cornichons. Ils préparent des sirops de fruits en recyclant toutes sortes de bouteilles de toutes forme et couleur. Le résultat est très coloré. Nous achetons un sirop de mûres noires très parfumé
Nous sommes restés presque une heure sur ce marché allant de stand en stand, discutant avec les marchands, essayant de se faire traduire ce qu’on ne comprenait pas. Tous veulent nous expliquer leurs produits.
On a goûté plein de choses, on a acheté plein de choses, des épices, des herbes, une tisane, des baklavas, des fraises.
Notre petit déjeuner est fait
c’est un marché local du dimanche matin dont les clients sont locaux. Nous étions de toute façon les deux seuls étrangers, que j’ai vu de tout le week-end à Phocée.
Ce matin prendrons la route pour Izmir en Dolmus. Le trajet dure 1h30 environ.
