Bus en direction du détroit des Dardanelles. À peine arrivés à l’aéroport nous sautons dans un bus en partance pour contourner la mer de Marmara et nous rendre dans le détroit des Dardanelles. Improvisation totale.
Direction Canakkale.
Nous avions prévu de séjourner deux nuits à Istanbul. Istanbul attendra.

Nous n’avons pas d’hôtel réservé, à peine 100 € en poche, pas même changé de livres turques et nous filons en direction du détroit qui nous conduit vers la côte méditerranéenne.
C’est l’avantage d’être libre de ses mouvements, de ne pas trop organiser à l’avance et de pouvoir constamment nous adapter au relief, aux circonstances et à ce qui se présente à nous.
Réserver à l’avance nous contraint, à commencer par un vol intérieur de retour depuis Antalya ou Izmir. Nous irons jusqu’où nous pourrons et nous rentrerons par la route à Istanbul pour prendre le vol vers Marseille le 26 avril. C’est notre unique point de repère dans ce voyage. Le reste est libre pour deux petites semaines.
Je n’ai pas envie de retourner d’emblée dans l’agitation d’Istanbul près de Sainte-Sophie où l’on est systématiquement sollicité par les commerçants. Nous aurons bien l’occasion d’y retourner.
Les paysages sont d’un vert presque fluorescent en ce début avril. Le blé est en herbe; à perte de vue on voit s’étendre les champs où se dessinent les traces des véhicules agricoles.
…à perte de vue des bâtiments disséminés, des maisons isolées de jardiniers me donnent l’impression d’être dans les grands espaces d’Asie centrale ou de Mongolie. Les turcs ont ils gardé en eux ce souvenir des steppes, des yourtes et du nomadisme? pas de village ici, mais uniquement des maisons clairsemées, des containers disséminés au milieu des prés servent d’abri de jardin.
Des éoliennes aussi un peu partout.
Reprendre les carnets d’itinérance. Trajet de 5 heures en bus.
Reprendre les textes dictés.
Les chiens vagabonds se nourrissent de ce qu’ils trouvent à proximité des humains.
Ici se succèdent les paysages industriels modernes ou en friche, des usines de vingt ans et des usines ultra modernes, rutilantes, aux vitres de verre teinté.
Des usines encore avec de grands parkings où de vieilles voitures attendent les ouvriers jusqu’à la fin du jour.
Plus loin des immeubles de quelques étages au milieu des champs. Immeubles où logent les ouvriers. Comme mon grand-père à Saint Béron en Savoie dans un immeuble à la façade jaune pâle construit par l’ usine où il travaillait. À douze ans il travaillait à l’usine. Il avait une belle écriture, il passa d’ouvrier à comptable.
Station essence en bord de route, des pneus empilés, des silos à grain et une usine de halva à peine sortie de terre, entre les champs de colza et les champs de blé.
Nous passons un cours d’eau avec des joncs…
Puis les premières agglomérations avec ces immeubles fonctionnels, un peu tous similaires, regroupés comme des doryphores au milieu des champs sur des feuilles de plants de pommes de terre. Un peu partout des grues, des chantiers de constructions.
À l’aéroport les passagers sont sollicités pour investir par de grandes campagnes de promotions immobilières, les bétonnières tournent à plein régime, la Turquie est en construction.
Jonction vers Edirne.
C’est par Edirne que nous sommes arrivés l’an dernier en train depuis la Bulgarie; nous poursuivons ce périple commencé l’été dernier. Troquer le train pour le bus. C’est une autre forme de mobilité. Nous longeons une voie ferrée. Le train n’est pas développé en Turquie.
Puis des carrières en exploitation aux abords d’une rivière pour extraire des graviers et différents matériaux pour la construction. On sent que le pays se modernise à grande vitesse. Les habitations sont récentes, propres et plutôt confortables. Elles rappellent plus les immeubles de l’Allemagne que ceux de la France. tout est assez géométrique, formé de cubes, fonctionnel et pratique. C’est notre première journée en dehors d’Istanbul. Nous ne connaissons rien de la Turquie, rien de la mer de Marmara, rien de cet immense pays grand une fois et demi comme la France et peuplé de 85 millions d’habitants.

