21 octobre mercredi
À 6h30 bain dans le onsen à sept heures petit déjeuner. Nous prenons la route tranquillement, direction du Temple 46 le Joruriji.






Nous croisons un agriculteur qui produit des tomates sous serre et les conditionne dans un atelier. Un distributeur automatique de riz qui sert aussi de point de collecte.
Boucler la boucle, marcher pendant des jours a-t-il un sens ? Il a déjà celui de la rotation, on marche du Sud au nord, on marche d’ouest en est puis du nord au sud dans le sens des aiguilles d’une montre.
C’est marcher qui donne du sens. Tout au moins le fait de boucler une boucle autour d’une île, autour d’un territoire qui était à l’époque déjà une unité géographique importante donne déjà un sens. Marcher c’est aussi nettoyer et purifier son corps. On sent déjà au bout de deux jours l’effet bénéfique sur notre organisme de la marche. Nous la connaissons depuis longtemps elle soulage beaucoup de choses.sans parler de tout le bien que cela fait à l’esprit. Voici donc de bonnes raisons de tourner en rond.
Nous croisons une petite épicerie ambulante avec tout un attirail qui vend des produits frais. La première dans son genre que je croise. Etonnante rencontre dans un tout petit hameau, à un carrefour. Le véhicule est réfrigéré, rempli de marchandises jusque sur le siège passager à l’avant. Une petite vieille avec son déambulateur, un bob sur la tête, courbée en deux, comme toujours souriante, fait ses emplettes. Le marchand bien sympathique nous offre une boisson quand nous lui achetons un peu de nourriture et un sac de mandarine. Dans le secteur pas d’épicerie locale, encore moins de « convini ». J’ai expliqué à Flo le sens du setai, l’offrande faite aux pèlerins pas les habitants de l’île. Une rencontre inopinée. Nous buvons un jus de mandarine délicieux. Cela tombe bien nous n’avions pas vraiment de provisions pour la journée dans la forêt. Les pèlerins diraient que Kobo Daishi veille. Ou que notre bonne étoile nous suit.


Une pause après 7 ou 8 km. Je viens de passer un col. Marcher et boire de l’eau de l’eau naturelle en bouteille certes, mais quel bien elle procure!
Assis sur un rocher au milieu d’une futaie de cryptomères. C’est impressionnant comme ils poussent haut tout en restant relativement fins par rapport à nos conifères. Une course folle vers la lumière. Le sol est chargé de branches mortes, courbées comme des arcs, elles tombent cassées par le vent.
Le chemin que je pensais suivre est coupé par un éboulement, nous devons faire un détour et passer par la petite ville de Kuma Kogen.
Nous venons de faire une halte dans un parc où l’on vient admirer au mois de novembre les Momiji, les érables aux couleurs d’automne. C’est encore un peu tôt, mais nous apprécions l’endroit, allongés pour manger nos nigiris, l’œuf dur que nous avons regardé du petit déjeuner et quelques friandises et gâteaux à la châtaigne achetés dans le Ryokan. J’en ai déjà plein les jambes qui décidément ne vont pas encore au bon rythme. Il reste 12 ou 13 km à marcher pour aujourd’hui. Je n’ai clairement pas l’endurance, je sens mon pas lent, mes jambes lourdes comme si j’avais du plomb dans les chaussures.
En passant devant une usine métallurgie je reconnais de loin les odeurs de graisse chauffée et de limaille de fer. Cela me rappelle mon passage comme ouvrier dans une usine japonaise d’emballage métallique.
Nous croisons un cage qui sert à piéger les animaux sauvages pres des cultures. l’ours est rare ici mais on en trouve. Probablement des sangliers ou autres amateurs de légumes. Nous croisons un chantier de construction destiné a limiter les glissements de terrain. La méticulosité des travailleurs japonais me surprend toujours autant.












les Maison fermées « akiya » sont nombreuses dans le reste de Shikoku.
Ici tout est miniature, les exploitations sont miniatures, les tracteurs sont miniatures, les moissonneuses sont miniatures. Nous croisons même sur la route un Camping Car miniature tout doit être en proportion, la plaque de cuisson, le réfrigérateur.
Dans la petite maison où nous séjournions a Osaka ils avaient un fer a repasser et une planche miniature… le fer devait faire 4 centimètres de largeur et 8 de longueur.
Dans cette région boisée ou la sylviculture est essentielle nous croisons de nombreuses exploitations de sillage, des exploitations de forêt des commerces de bois. L’exploitation forestière est intense. Les trous dans la forêt sont nombreux, assez laids même si les arbres de crête sont préservés. La foret se régénère progressivement.
La descente vers le temple 46 prend beaucoup de temps. Il pleut tout l’après-midi, les sentiers deviennent glissants. Nous sommes trempés et descendons très lentement un sentier pierreux. A la nuit tombée il nous reste encore 6 kilomètres à couvrir mais le plus dur est fait. Nous sommes sortis de la forêt. Je préviens l’auberge que nous aurons du retard. Le repas va être servi. On nous attend. Avec la lampe frontale nous descendons sur la doute a grandes enjambées. Il ne peut plus. A regrets nous ne pouvons pas voir ces magnifiques paysages de cultures dans les montagnes
