Jeudi 22 octobre
En sortant du ryokan nous faisons un tour rapide dans le village. Tout ce que nous avons dévalé hier de nuit. Cette belle vallée agricole traversée dans la pénombre moite, des gouttes d’eau nous aspergeaient la figure. On ne pouvait qu’imaginer ce paysage.

Tout est si beau ici, si simple aussi. Les exploitations agricoles. Nous passons devant une ferme. Tout est resté en plan au même endroit. Comme figé. Le tracteur au milieu de la cour. Les pneus se sont dégonflés. Tout a rouillé mais rien ne bouge. On ne déplace rien comme pour respecter l’esprit des morts.
Nous regagnons le temple 46 Joruriji tout proche.
Un lieu d’une grande spiritualité très calme.
J’écrase un moustique sur ma main gauche tout en écrivant. Ce n’est peut être pas très conforme au bouddhisme…


Plein de souvenirs me reviennent d’il y a deux ans. J’étais avec mon fils Dimitri de l’autre côté de l’île. Souvenirs de marche dans les rizières, émotions dans les temples, de la lumière le matin sur les jardins.
Comme ce lieu est paisible je n’ai pas envie de repartir.








Puis viennent les temples 47 Yasakaji et 48 Sairinji. Nous sommes encore à moitié dans la campagne dans les alentours de Matsuyama. les maisons alternent avec les rizières.




Croisons un atelier de conditionnement de viande pour les supermarchés du secteur. Un client vient récupérer sa marchandise. Un peu plus loin un atelier métallurgique à la sortie du temple 49. Flo repère des kakis, elle aimerait bien les cueillir, mais elle hésite. Un homme nous voit de loin et nous fait signe. Il cueille des kakis de son arbre et nous les donne avec le sourire. Nous discutons avec lui, je lui demande ce qu’il fait. Il me répond qu’il est agriculteur, cultivateur de riz. je lui demande si on peut visiter son exploitation et il nous montre ses machines et son stock de riz dans un hangar bien fermé. Il nous explique le processus. Le riz est d’abord nettoyé ensuite la machine enlève l’écorce par frottement. Ensuite il est pesé puis nettoyé une dernière fois et versé dans de grands sacs en papier de 30 litres pour être stocké puis vendu. Je suis étonne qu’un si petit producteur intègre toute la chaîne et investisse autant dans des machines pour une si petite production. Lorsque nous le laissons il part livrer deux sacs de riz a un restaurant. L’avantage c’est qu’il n’y a pas d’intermédiaire pour prendre la marge. Il livre directement les restaurant du secteur. Il vend le kilo 600 yen.
On fait des selfies, il demande s’il peut mettre la photo sur Instagram, même les agriculteurs de Shikoku ont succombé au charme toxique des réseaux sociaux.




Nous traversons les dernières rizières, et rapprochons progressivement du centre-ville.
Entre mes pieds des grillons sautent désespérément pour échapper à la semelle de mes chaussures et rejoindre la rizière voisine. pour rien au monde je l’aurais de toute façon écrasé; un autre part plus tranquillement et fait un bon sûr de lui, il n’a pas paniqué…
Nous aurons mis deux jours de marche pour parcourir dans l’autre sens le trajet fait en bus en 1h30 le premier jour.
Après les trois premiers temples, nous avons fait un écart sur la route et sommes allés dans un restaurant de Udon, où nous avons partagé à deux un grand bol de ces grandes pâtes à base de farine de blé, un peu gluantes et délicieuses surtout le bouillon.
Puis dans une pâtisserie un délicieux cheesecake avec un café américano…
Déjà le quatrième temple de la journée, je ne m’en lasse pas, je profite de l’ambiance de chaque lieu et je vais à mon rythme sans trop traîner non plus. La journée n’est pas terminée.












Un cimetière
D’une longue vie
Un long caillou
