17 avril, déjà vendredi
il fait presque froid ce matin le ciel est couvert et un vent frais souffle. Toujours cette odeur de charbon brûlé dans l’air
On brûle du lignite pour se chauffer et alimenter les centrales électriques… Parmi les boutiques ont dénombre beaucoup de joailleries de coiffeurs de restaurants des banques des quincailleries et des pharmacies.
la basilique rouge est en restauration. des palissades assez hautes disposées par le ministère du tourisme m’empêche de la voir. que nous réserve ce site ? Il était à l’époque romaine dédié aux divinités égyptiennes, puis il fut converti en église. Par un portail métallique je peux jeter un œil sur la basilique et c’est superbe. On peut voir une divinité égyptienne mi humaine mi animale sur un socle de marbres blanc. Probablement la déesse Isis

Des vestiges à Pergame, il y en a partout, il suffit de gratter un peu le sol, en couchés nombreuses ils se sont superposés au fil des millénaires alors il ne faut certainement pas aller bien loin pour ramasser une pièce de monnaie ou un bout de sculpture
Je me faisais la réflexion suivante ce matin : quand on dit les guides ou les livres d’histoire on ne nous parle que des rois et les autres, les simples habitants quand sait t’on? Les historiens ou historiographes officiels se sont concentrés sur les puissants, ceux susceptibles de les entretenir. Quel souvenir garde-on des simples? comment vivaient-t-il les paysans, les artisants? En lisant les auteurs de théâtre ou les poetes on en apprend plus. Comme les pièces de l’auteur latin Plaute. On se souvient des médecins comme Galien, qui ont laissé des traces et des écrits. on se souvient des poètes des philosophes, ceux qui écrivirent.
L’écrit laisse la trace. par l’écrit on donne vie à ce qui ne laisserait pas de trace
Au bord de la rivière récemment réaménagée des mûriers ont déjà leurs fruits. Les ponts romains qui enjambent le fleuve côtier ont été restaurés l’an dernier. Les vieux ponts toujours debout au-dessus de la rivière, j’en ai dénombré trois dans la ville.
On a planté des arbres le long des quais, des figuiers, des pommiers des abricotiers des arbres fruitiers. C’est bon signe cela montre que la Turquie pense à son avenir
les arbres fruitiers, sont la vie.
Je pense à tous ceux chez nous qui s’agitent à tous ceux qui s’époumonent à tous ceux qui brassent de l’air à tous ceux qui invectivent et s’invectivent…
Depuis le pont j’ai une vue magnifique sur la basilique rouge.

Je suis juste sous le site de l’acropole, ici, se tenait une immense cité, capitale de la province d’Asie de l’empire romain, une capitale importante, commerçante lieu de pouvoir et de richesse et de culture, avec une bibliothèque qui rivalisa avec avec Alexandrie à tel point que le roi d’Égypte Ptolémée Epiphane interdit l’exportation de papyrus.
qu’à cela ne tienne ! un des rois de Pergame selon la tradition plus malin que tous inventa la pergamena, à partir d’une peau de mouton ou de chèvre et le tour était joué. Ou peut être un de ses sujets…
Je poursuit ma marche matinale
on est bien ici autour de la basilique rouge
Deux tentes sont disposées derrière de grands sacs de ciment. Est-ce que ce sont des SDF ou des ouvriers qui ont installé un campement provisoire? On ne voit pas beaucoup de SDF ici. Et peu de gens sont alcoolisés.
j’aborde un grand terrain vague qui borde la basilique ou des camions sont garés, deci delà des chiens errants et beaucoup de camions. Ici les chiens sont calmes et doux et plutôt craintifs. Ils n’agressent jamais les hommes ils sont les compagnons et le miroir de l’humanité. s’ils sont agressés, ils sont agressifs. Si en est doux avec eux, ils le sont aussi.
Je croise un de ces grands chiens blancs pour une fois sur ses quatre pattes
là-haut le téléphérique qui mène à l’acropole et qui conduit les cars de touristes au sommet s’est mis en mouvement. Une mane financière et une aberration dans le paysage
Le ciel est gris il pleuvra peut-être aujourd’hui
Je prends une photo de la place devant la basilique rouge et les camions pour joindre l’image au texte

quand on écrit dans un blog, cela peut être utile. Cela permet au lecteur, s’il s’aventure jusqu’ici, de visualiser ce qui se tient debout devant les mots ou ce qui se cache derrière la phrase.
Partir pour écrire ou écrire pour partir les deux vont souvent de paire. L’écriture est indissociable du départ.
écrire c’est déjà partir et s’éloigner du présent ou de l’instant présent. S’en éloigner en le cristallisant, en prenant de la hauteur et du recul par rapport à l’instant. C’est faire de l’instant un objet. De la chose vue un objet.
La basilique rouge est un monstre de brique d’inspiration romaine. Elle est un assemblage démesuré de ces minuscules portions de terre cuite rouge comme le sang comme le couchant ou viennent s’intercaler des blocs de marbre blanc et en périphérie la pierre de granit plus résistante plus durable.

La brique pourtant mise à nu depuis près de 2000 ans résiste aux morsures du sel du gel du vent à la pluie au soleil au vent matin aux racines qui s’incruste à la végétation
les dieux d’Egypte accompagnent ce bâtiment depuis 2000 ans.

l’Égypte qui faisait rêver et dont les dieux sont venus peupler et enrichir l’imaginaire religieux des Romains.
De l’église visa rien rien ne reste.
Dans une des deux tours coiffées d’une coupoles de la basilique rouge a été installée une mosquée. Tapis bleu ciel au sol, décoration très sobre, paravent imitant grossièrement la brique sur les côtés du plus mauvais goût et un espace de prière.
l’accès à l’intérieur de la mosquée est fermé, mais je peux à travers la vitre de l’entrée voir l’intérieur. une urne transparente recueille des pièces de monnaie lancées par les fidèles. aujourd’hui comme hier je suis seul dans le lieu de culte. Il est certainement trop tôt en ce jour de prière.
Reprendre la route. Partir seul en Asie centrale, en Ouzbékistan, au Tadjikistan au Kirghizistan finir ce voyage Imaginé il y a bientôt 40 ans et rendu impossible par les guerres déclenchées par l’éclatement de l’ex URSS. la Lecture des récits de Voyage de Ella Maillart me redonne l’envie de partir et d’accomplir ce vieux projet de relier Pékin à Rome. J’ai fait plus de la moitié du chemin.
Après un petit déjeuner copieux à la pension je pars visiter le musée archéologique. Flo n’a pas envie de voir de vieilles pierres et préfère lire le guide. On se rejoint dans une heure. Le musée contient des pièces magnifiques avec notamment de superbes bas reliefs, un buste d’Euripide et de Socrate, un buste d’Hadrien très endommagé, une copie du buste d’Alexandre, un kouros du 6 siècle avant JC des frises avec des combats de gladiateurs contre des ours et autres animaux sauvages, une corne d’abondante, des copies des frises du temple de Zeus à Pargame qui sont au musée de Pergame en Allemagne et des sculptures d’inconnus romains qui nous permettent d’imaginer les habitants de cette époque.





En sortant sur la place du marché, je tombe sur un festival local avec de multiples stands. À l’endroit où la veille des centaines de manifestants réclamaient plus de sécurité dans les collèges après les deux attentats meurtriers perpétrés par deux adolescents dans deux établissements turcs mardi et mercredi.
Chez une marchande de bijoux je fais provision de ces petits bracelets en pierre pour offrir en souvenir.
Puis je discute avec un attaché de presse. Il a une formation de journalisme en économie mais a choisi d’arrêter ce métier. Il évoque à demi mots le contexte politique qui ne facilite pas la tâche des journalistes…
je lui demande s’il est originaire d’ici il m’explique qu’il est de Canakkale où la ville est plus animée qu’à Pergame. « C’est mieux pour des gens de mon âge. Ici il se passe pas grand-chose »
On parle de Voyage, il m’explique que c’est difficile pour les Turcs de voyager que le niveau de vie diminue année après année et que les turcs sont très endettés et qu’ils ne peuvent pas partir en voyage.
Florence me rejoint, je lui dis qu’elle a une formation de journaliste.
on discute un peu tout les trois Il nous dit quand il rencontre des jeunes enfants qui veulent être journaliste, il fait tout pour les en dissuader.
Nous arrivons au hammam kuplu il est 11h30, cette fois il n’y a pas trop de monde et Flo peut entrer
